Intervention du Syndicat des cheminots de l’Allier
Historique de notre bassin
Montluçon, avant la régionalisation de la SNCF, était un arrondissement avec un périmètre d’activités s’étendant sur une partie du Cher, de la Creuse, du Puy-de-Dôme qui totalisait plus de 600 000 habitants dans les années1960 dont 4 000 cheminots liés aux activités de réparation de wagons et d’entretien de locomotives jusqu’aux années 1970.
Une activité industrielle importante sur les bassins de Montluçon, de Commentry et de Saint Eloy, usines toutes reliées au fer par des voies embranchées, deux triages existaient à Montluçon.
La désindustrialisation de la France par le plan acier/charbon de l’Europe, puis la volonté de la SNCF et des gouvernements successifs d’abandonner le fret, le wagon isolé, ont fortement dégradé les capacités de transport ferré sur notre région.
Même chose pour le trafic voyageur où nous avons subi depuis des années 1970 une politique de fermeture de lignes (Montluçon - Châteauroux, Montluçon - Moulin-sur-Allier, Montluçon - Ussel partie intégrante de la section de la ligne Paris - Montluçon - Le Mont Dore, et plus récemment, Montluçon - Saint-Eloy les Mines - Volvic - Clermont-Ferrand).
Toutes ces fermetures se sont accompagnées de la suppression ou de la réduction de relations voyageurs :
- Bordeaux - Lyon ex Bordeaux - Genève doublé l’été de relation Lyon - La Rochelle
- Plus récemment la suppression des relations directes Montluçon - Paris
- Nous avons subi la mise en place de la régionalisation aux confins des trois régions Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire et Aquitaine qui ne s’entendent toujours pas.
Les cheminots durant toutes ces années ont mené des luttes importantes face à ces reculs, cependant de 750 cheminots en 1983, il en subsiste moins d’une centaine.
Sur le dossier lithium, le syndicat a participé au débat public, publié un cahier d’acteur, comme le Comité de défense du rail dont nous sommes partie prenante. Nous avons insisté pour que ce projet ne nuise pas aux activités voyageurs existantes :
- La transversale Bordeaux - Lyon dont nous revendiquons le retour des circulations.
- Montluçon - Clermont-Ferrand (fréquence des relations augmentée avec les SERM)
- Montluçon - Paris
Nous demandons une modernisation des infrastructures de l’ensemble des lignes, de la signalisation et de l’électrification de Montluçon/Bourges.
Les infrastructures sur lesquelles circulerait le trafic lithium
La plateforme de départ du minerai se situe entre la gare de Gannat et la gare de Montluçon, itinéraire historique de Bordeaux/Lyon.
Ligne en voie unique de Gannat à Lapeyrouse et en double voie jusqu’à Montluçon (dans un état préoccupant à ce jour, une fermeture totale de dix-huit mois est programmée en 2028 pour des travaux de rénovation sur cet axe, description des travaux inconnue à ce jour).
Précisions que cet axe comporte de nombreux tunnels et viaducs et n’est pas électrifié.
Propositions de notre syndicat
Sur l’état de l’infrastructure
- Besoin d’un financement rapide, à la hauteur des enjeux et assurant la pérennité des installations (projet d’intérêt majeur pour l’état et son indépendance énergétique) ;
- Réouverture du triage de Montluçon – Gare d’Eau ;
- Remise en état des voies 24 à 32 en gare de Montluçon ;
- Réouverture de gares intermédiaires sur l’axe ;
- Étude de la faisabilité de ne pas fermer totalement la ligne durant les travaux (fermeture de dix-huit mois jugée excessive) ;
- Maîtrise d’œuvre réalisée par SNCF réseau.
Tafic voyageurs
- Maintien et prévision des sillons pour le trafic voyageurs (retour des relations Lyon - Bordeaux et relations nouvelles envisagées par les SERM), les circulation Fret envisagées ne doivent pas empêcher les circulations voyageurs ;
- Réouverture au service voyageurs du tronçon Gannat-Saint-Germain des Fossés.
Effectifs
- Le syndicat des cheminots de Montluçon revendique la mise en place de personnel suffisant afin d’assurer un service voyageur et Fret de qualité. Nous revendiquons également que ces emplois soient localisés sur le bassin de Montluçon.
Conclusion
L’acheminement du minerai de la plate-forme d’Échassières vers l’usine de conversion de Montluçon dans le cadre du projet lithium doit s’effectuer uniquement par le rail, ainsi que les autres transports liés à ce projet tout en veillant à ce que ces acheminements ne soient pas un frein au développement du transport voyageurs.