La CGT propose…
Un Smic à 2 200 euros brut et des salaires minima partout en Europe.
Un salaire de base minimum au niveau du Smic réévalué à 2 200 euros brut pour la durée légale du travail en vigueur :
- point de départ de toute grille de salaires et de traitements ;
- outil pour gagner l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ;
- socle minimum de référence pour l’ensemble des salarié·es actif·ves, retraité·es, privé·es d’emploi et les jeunes en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage ;
- salaire de première embauche sans diplôme et sans qualification.
En Europe et dans le monde, il doit être garanti à chaque salarié·e, le droit à un salaire minimum et à un pouvoir d’achat suffisant pour répondre aux besoins fondamentaux et bénéficier de sa part dans le progrès. Le montant et l’évolution de ces salaires minimums doivent prendre en compte le niveau économique du pays.
Ce qui existe aujourd’hui
Le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) est garanti par la loi (Code du travail) sous peine de sanction pour l’employeur·se. « Il assure aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles la garantie de leur pouvoir d’achat et une participation au développement économique de la Nation » (article L. 3231-2 du Code du travail).
La hausse du Smic intervient en fonction de trois critères :
- l’indexation sur l’évolution de l’indice national des prix à la consommation (article L. 3231-4) ;
- la prise en compte de l’évolution des salaires (la moitié des gains du pouvoir d’achat du salaire horaire moyen – article L. 3231-8) ;
- le Gouvernement est tenu d’appliquer ces augmentations minimales. Il peut s’en tenir là ou proposer une augmentation plus importante (article L. 3231‑10).
La revalorisation du Smic intervient au 1er janvier.
Le nombre de salarié·es au Smic ne cesse de croître alors que leur qualification ne cesse d’augmenter. deux tiers sont des femmes alors qu’elles sont plus diplômées que les hommes.
Pour le traitement des fonctionnaires, depuis plusieurs années, le premier niveau de traitement de la grille de rémunération est de plus en plus souvent rattrapé, voire dépassé, par le Smic. Les nombreux gels du point d’indice amplifient cette situation (depuis vingt ans, le traitement indiciaire des fonctionnaires a baissé de 23 % en euros constants).
Sur le plan international
La convention 131 et la recommandation 135 de l’OIT (Organisation internationale du travail) spécifient que « tout membre de l’OIT qui ratifie cette convention s’engage à établir un système de salaires minima ».
La ratification de la convention 131 est un enjeu important pour protéger les salarié·es contre des salaires trop bas et lutter contre le dumping social.
Au 1er décembre 2025, seuls 56 États sur 187 États membres à l’OIT avaient ratifié la convention 131.
Pour autant, même quand celle-ci est ratifiée, l’existence d’un salaire minima peut être relativisée :
si la totalité des salarié·es du pays n’est pas couverte par le salaire minimum ;
s’il existe des salaires minimums différents pour des groupes différents de travailleur·ses.
En Europe
Au 1er juillet 2025, 21 des 27 États membres de l’Union européenne (UE) appliquaient un salaire minimum national. Son montant en parité de pouvoir d’achat en 2024 variait de 799 euros par mois en Bulgarie à 1 935 euros au Luxembourg. La France se situait (à 1 589 euros) à un niveau bien en dessous de celui de l’Allemagne (1 891 euros) et d’autres pays industrialisés.
Une directive européenne relative au salaire minimum a été adoptée en 2022 sous la pression des syndicats, validée par la Cour de Justice européenne et transposée en droit français en 2024. Cette directive vise à améliorer les conditions de vie et de travail dans l’Union européenne, en particulier le caractère adéquat des salaires minima pour les travailleurs et travailleuses, dans l’objectif de contribuer à la convergence sociale vers le haut et de réduire les inégalités salariales. La directive ne fixe pas un Smic unique avec le même montant dans chaque pays. Elle met en place un mécanisme permettant que le salaire minimum corresponde dans chaque pays au moins à 60 % du salaire médian (exemple : en France, le salaire médian mensuel était de 2 190 euros net en 2024) et 50 % du salaire moyen (2 733 euros net en 2024 en France). Cela ouvre la possibilité de nombreuses hausses de salaire en Europe car seules la France (62 % et 50 %) et la Slovénie (63 % et 53 %) respectent ce double ratio (OCDE-2024).
Or, 60 % du salaire médian correspond à la définition du seuil de pauvreté, alors qu’un salaire minimum doit permettre de répondre aux besoins fondamentaux.
Les moyens pour y parvenir
Pourquoi un Smic à 2 200 euros brut ?
Dès l’origine, le taux du Smic revendiqué par la CGT a été lié à la réponse aux besoins fondamentaux, le plus souvent incompressibles.
Au tout début, la CGT a pris comme base revendicative un budget type élaboré et adopté en 1953 par la Commission supérieure des conventions collectives (le Gouvernement devant décider du montant du Smig, puis du Smic, chaque année après avis de cette Commission).
Cinq principes pour redonner tout son sens au Smic :
Le SMIC est un salaire
Les compléments de rémunération et les éléments variables tels que primes, 13e mois, intéressement… ne doivent pas être pris en compte pour apprécier le respect de l’obligation de payer le Smic.
Le Smic est un salaire minimum
Le lien entre son niveau et le niveau des besoins pour vivre doit être régulièrement apprécié et donner lieu aux revalorisations nécessaires en plus des mécanismes légaux d’indexation.
S’agissant d’un minimum, il ne doit subir aucune diminution, que ce soit pour certaines catégories, ou en fonction de l’âge, ni en cas de réduction de la durée légale de travail, ni de baisse du Smic net en cas d’augmentation des prélèvements sociaux.
Le Smic est un salaire interprofessionnel
Il doit s’appliquer de façon identique pour tout·e salarié·e quels que soient son emploi, ses conditions de travail et de rémunération, son secteur professionnel.
Les salarié·es détaché·es par des entreprises étrangères exerçant leur activité sur le territoire français ne peuvent donc pas percevoir un salaire inférieur au Smic français.
Le Smic est un salaire de croissance
Il doit assurer aux salarié·es une participation au développement économique du pays. À ce titre, il doit croître plus vite que l’inflation. Il doit intégrer les gains de productivité du travail réalisé à l’échelle du pays. Il doit contribuer à une redistribution de la valeur ajoutée plus favorable aux salarié·es.
En retour, la hausse régulière du Smic, répercutée dans les grilles de salaires, alimentant une dynamique salariale, contribue, au travers de la consommation des salarié·es, à la croissance économique, favorisant le développement de l’activité et de l’emploi.
Le Smic est un salaire horaire et mensuel
Le caractère horaire du Smic fixe le tarif salarial minimal au-dessous duquel aucun·e salarié·e ne peut être payé·e. Cette limite ne doit connaître aucune exception.
Le caractère mensuel du Smic conditionne la régularité de son versement, l’entrée en vigueur immédiate des augmentations et les possibilités de contrôle. Il doit être de droit public et de périmètre national.
Propositions sur les règles d’évolution du Smic :
- prendre en compte l’évolution des coûts des dépenses incompressibles et des besoins fondamentaux, ce qui nécessite un travail sur leur mesure ;
- appliquer une hausse automatique du Smic dès que la hausse de l’indice des prix est supérieure à 1 % (au lieu des 2 % actuels) ;
- remplacer l’IPC par l’IPCH, plus dynamique sur les longues périodes, dans la formule de calcul de revalorisation du Smic ;
- appliquer une progression annuelle du Smic au moins égale à celle du taux du salaire horaire moyen ;
- répercuter automatiquement toute augmentation du Smic sur les grilles de salaire des branches, en commençant par lever l’interdiction d’indexer les niveaux de salaire par accord collectif d’entreprise ou de branche ;
- réinstaurer l’indexation des salaires sur les prix (échelle mobile des salaires) ;
- prévoir une garantie du Smic mensuel en faveur des salarié·es en temps partiel imposé .
Sommaire
Fiche 01 - Normes sociales européennes et internationales
Fiche 01a - Droits des travailleur·ses migrant·es
Fiche 02 - Droit à la paix, à la sécurité
Fiche 03 - Égalité d’accès et bénéfice des droits sans discrimination
Fiche 04 - Égalité entre les femmes et les hommes
Fiche 05 - Pour le droit à l’emploi pour toutes et tous
Fiche 05a - économie sociale et solidaire
Fiche 06 - Nouveau statut du travail salarié Droits individuels et collectifs et transférabilité
Fiche 07 - Garantie de l’emploi, droit à la sécurité sociale professionnelle
Fiche 08 - Insertion sociale et professionnelle
Fiche 09 - droit à l’indemnisation chômage
Fiche 10 - Droits des salarié·es des entreprises sous-traitantes
Fiche 11 - Droits des salarié·es saisonnier·es
Fiche 12 - Droit à un salaire
Fiche 12a - Un salaire minimum en France et dans chaque pays européen
Fiche 15 - Droit à l’éducation et à la formation professionnelle
Fiche 16 - Temps de travail
Fiche 17 - Droit à la négociation et démocratie sociale
Fiche 18 - Droit et liberté d’intervention, d’expression du ou de la salarié·e
Fiche 19 - Droit et liberté de se syndiquer
Fiche 20 - Droit à la représentation collective
Fiche 21 - Droit à la Sécurité sociale intégrale
Fiche 22 - Droit à la santé
Fiche 23 - Droit à la retraite
Fiche 24 - Droit à une politique familiale solidaire
Fiche 25a - Droit à la démocratie culturelle
Fiche 25b - Droit à l’information
Fiche 25c - droit à la communication
Fiche 26 - Droit aux vacances
Fiche 27 - Droit aux pratiques sportives
Fiche 29 - Droit aux transports
Fiche 30 - Droit aux services publics
Fiche 31 - Développement humain durable
Fiche 32 - Responsabilité sociale des entreprises
Fiche 33 - Recherche et développement
Fiche 34 - Droit à la justice fiscale
Fiche 35 - financement de l’économie
Fiche 35a - Pôle financier public
Fiche 36 - Droit à l’énergie