Discours d'ouverture de la journée :
Bonjour à toutes et à tous,
Je veux d’abord saluer les camarades de l’UD de l’Allier et l’ensemble des organisations syndicales, associations, chercheurs et partenaires présents aujourd’hui pour cette conférence internationale.
Le thème que vous avez choisi – « L’extractivisme en France et dans le monde : entre besoins sociaux, enjeux environnementaux et appétits capitalistes ? » – pose des questions essentielles. Il nous oblige à réfléchir à ce que signifie aujourd’hui produire, transformer et répondre aux besoins humains dans un monde bouleversé par la crise écologique, les tensions géopolitiques et la course aux métaux stratégiques.
Derrière les discours sur la « mine responsable », la « transition verte » ou la « relocalisation », il y a des choix politiques :
- Qui décide de ce qu’on extrait et pour quoi faire ?
- À quelles conditions sociales et environnementales ?
- Et surtout, au bénéfice de qui ?
La transition énergétique ne doit pas être une nouvelle ruée vers les profits, mais un projet collectif au service des besoins sociaux, de la santé des travailleurs et travailleuses, et du respect du vivant.
Les métaux critiques – lithium, cuivre, nickel, cobalt – sont indispensables à la décarbonation, mais leur extraction doit s’inscrire dans une autre logique : celle d’une planification écologique démocratique, fondée sur la sobriété, la réparation, le recyclage, et sur la souveraineté industrielle des peuples, pas sur la domination des multinationales.
La CGT porte une exigence simple : pas de transition écologique sans justice sociale, ni sans les travailleuses et les travailleurs.
Cela signifie :
- Garantir des emplois stables et qualifiés dans les filières, avec des rémunérations à la hauteur ;
- Sécuriser les conditions de travail et la santé sur les sites miniers et industriels ;
- Reconnaître la pénibilité des métiers ;
- Construire des filières locales intégrées, du minerai au produit fini.
Ici, dans l’Allier, avec le projet de mine de lithium, ces enjeux prennent corps : emploi, formation, souveraineté, environnement, démocratie. C’est tout l’objet de votre conférence : relier les expériences locales aux luttes internationales, de l’Argentine à l’Arménie, de la Géorgie à la France, pour construire un front syndical mondial face à la logique extractiviste du capital.
Ce que nous voulons, c’est une transition qui réponde aux besoins humains, pas à ceux des marchés financiers.
Une transition qui s’appuie sur les savoirs des travailleurs, les coopérations syndicales et la planification.
Une transition qui fasse reculer à la fois la précarité, la pollution et la dépendance aux multinationales.
La CGT continuera à porter cette ambition, en France, en Europe et dans le monde : mettre l’énergie, les matières premières et l’industrie au service du bien commun.
Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente conférence, riche de débats et d’initiatives.
Merci, et bons travaux à toutes et tous.