Publié le 14 Sep. 2026
Introduction de Fabienne Rouchy, membre du bureau confédéral de la CGT en charge des questions d’écologie

Introduction de Fabienne Rouchy :

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour les camarades et d’ailleurs, merci à toutes celles et à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette journée.

Depuis plusieurs années, la CGT s’est engagée dans une démarche nouvelle et exigeante sur les questions environnementales.

Nous avons pris acte du fait que le réchauffement climatique, la perte de biodiversité, la raréfaction des ressources ou la dégradation de la santé au travail ne sont plus des « sujets à part » : ce sont des réalités qui pèsent déjà sur nos vies, nos métiers, nos territoires.

Les canicules, les sécheresses, les pollutions, les fermetures de sites au nom de la transition – tout cela touche directement les travailleurs. Ce qui se joue, ce n’est donc pas « l’écologie contre l’emploi », mais l’avenir du travail et du progrès social dans un monde qui change.

Pour la CGT, l’enjeu n’est pas seulement de « verdir » le capitalisme, mais de transformer en profondeur notre modèle productif, pour qu’il réponde réellement aux besoins humains, et non à la rentabilité financière, tout en respectant les équilibres du vivant.

Nous savons que notre planète a des limites physiques et écologiques : ressources finies, sols épuisés, eau rare, climat déréglé. Ignorer ces contraintes, c’est condamner les générations futures à subir les conséquences de nos choix d’aujourd’hui. Mais les subir au nom de l’austérité ou de la casse sociale serait tout aussi inacceptable.

C’est pour cela que nous parlons de transition juste : une transition pensée à partir du travail réel, négociée avec les travailleurs, planifiée démocratiquement, et compatible avec la justice sociale et les contraintes planétaires.

Notre démarche repose sur trois convictions :

  • Rien ne se fera sans les salariés. Ce sont eux qui connaissent le travail, les procédés, les impacts. C’est à partir de leurs savoir-faire qu’on peut transformer les productions et les conditions de travail.
  • Rien ne se fera sans démocratie. Les choix industriels, énergétiques ou miniers ne peuvent pas être imposés d’en haut, par les marchés ou les conseils d’administration. Ils doivent être débattus, évalués, planifiés avec les syndicats, les collectivités, les habitants.
  • Rien ne se fera sans cohérence. Il faut relier emploi, environnement et souveraineté : produire autrement, mais produire ici, dans des conditions sociales et écologiques exemplaires.

C’est dans cet esprit que la CGT agit aujourd’hui :

  • en élaborant un plan syndical industrie-environnement,
  • en déployant les États généraux de l’industrie et de l’environnement (EGIE) dans les territoires,
  • en animant des stages environnement, en mettant à disposition un site dédié aux EGIE alimenté au fil des travaux confédéraux,
  • et en intervenant sur des projets concrets, comme la mine de lithium dans l’Allier.

Ce projet est emblématique : il nous confronte aux contradictions de la transition écologique. On nous dit qu’il faut extraire du lithium pour décarboner le transport. Mais à quelles conditions ? Avec quelle gouvernance, quelle consommation d’eau, quels emplois, quelle souveraineté ?

Pour la CGT, la réponse passe par la méthode syndicale : évaluer collectivement, prendre le temps du débat, construire des positions à partir du travail, et exiger que toute décision serve les intérêts des salariés et de la population.

Cette méthode, nous la mettons en œuvre ici, en France, mais aussi dans nos coopérations internationales, avec les syndicats d’Arménie et de Géorgie. Partout, les travailleurs affrontent les mêmes logiques extractivistes, les mêmes promesses « vertes » sans garanties sociales, et les mêmes besoins de démocratie syndicale.

Ensemble, nous construisons une réponse commune : celle d’une transition qui ne soit pas subie, mais choisie, planifiée, partagée ; une transition qui articule progrès social, justice environnementale et souveraineté populaire.

C’est cela, la démarche de la CGT sur l’environnement : une écologie du travail, démocratique, sociale et souveraine.