Publié le 14 Sep. 2026
Conclusions de la conférence " L'extraction minière en France et dans le monde " par Fabienne Rouchy, membre du bureau confédéral de la CGT en charge des questions d’écologie.

Conclusions de Fabienne Rouchy :

Le sujet de l’extraction potentielle de lithium dans l’Allier est depuis longtemps une des préoccupations de l’UD et elle travaille le dossier dans un cadre ouvert et collectif de longue date, y compris en participant aux débats organisés par la Commission nationale du débat public qu’il est très important de défendre pour qu’elle perdure.

L’UD a aussi produit un cahier d’acteur très utile, très documenté.

Prendre le temps du débat collectif, et aujourd’hui 6 fédérations CGT concernées sont présentes, croiser nos expériences, travailler nos revendications en commun avec nos camarades d’Arménie, de Géorgie, de Pologne, d’Argentine et d’ailleurs, faire du travail le point de départ, c’est bien là la démarche CGT.

Nous avons fait aujourd’hui la démonstration de notre capacité à mettre en œuvre le dialogue et nous voulons l’approfondir, dans l’intérêt des travailleuses et des travailleurs et de la population.

Nos échanges ont été riches, nous avons notamment abordé :

  • les enjeux centraux de démocratie sociale à l’échelon local comme national ;
  • les conséquences dramatiques de la désindustrialisation, au niveau local, national et européen, et de la puissance des multinationales confortée par les choix politiques des états ;
  • les questions de souveraineté et de dépendance vis-à-vis de la Chine ;
  • les questions de transport, avec la nécessité de mettre en place un pôle public ;
  • le lien industries-services publics et l’indispensable planification que nous défendons, avec les nationalisations et les investissements associés dans l’intérêt général ;
  • les problématiques de décarbonation et d’électrification des usages, qui exigent une stratégie de l’État, pour à la fois maîtriser le déploiement des énergies renouvelables, sortir l’énergie du marché car elle doit être gérée dans le cadre d’un grand service public de l’énergie, et orienter les processus de production, d’extraction minière notamment, vers le développement d’emplois de qualité, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, et la protection des salariés et de la population, en veillant à anticiper l’après exploitation minière.

C’est à ça que les aides publiques doivent servir, pas à gonfler les dividendes des actionnaires !

Notre action syndicale coordonnée, croisée, travaillée au niveau local, confédéral, avec les fédérations professionnelles et nos camarades d’Arménie, de Géorgie et d’ailleurs, doit nous permettre d’affiner nos revendications communes, de les porter avec plus de force et d’obtenir l’écoute des pouvoirs publics tout en pesant sur les choix des employeurs.

Parmi nos revendications essentielles, la CGT accorde une place centrale au pouvoir d’intervention des salariés, avec par exemple le renforcement des CSE et de leurs prérogatives, le rétablissement des CHSCT avec une compétence environnementale, et l’ouverture de toutes les négociations que nous avons besoin de mener, sur des sujets de conditions de travail mais aussi de statut des personnels et de rémunération, de temps de travail et de santé, sachant que nous ne disposons pas encore de beaucoup d’études sur les impacts du lithium sur la santé, des sujets de reconnaissance de la pénibilité, de formation et d’égalité professionnelle, pour défendre les travailleuses et les travailleurs, dans nos instances nationales, européennes et internationales, et bien sûr par les luttes auxquelles nous prendront part avec elles et eux, et dont nous serons solidaires.

Enfin, pour reprendre une affirmation de nos camarades des confédérations syndicales arménienne et géorgienne, que nous remercions encore pour leur présence ici, nos frères et sœurs d’Arménie et de Géorgie, comme ils le disent, nous ne pouvons pas ne pas mener ce combat pour une transition juste.

Aucune transition ne pourra avoir lieu sans les travailleuses et les travailleurs. Aucune transition ne pourra avoir lieu contre elles et eux.

Et que ce soit aujourd’hui avec les mineurs de ces beaux pays que sont l’Arménie et la Géorgie ou peut-être demain dans l’Allier, nous continuerons à construire et à porter des revendications avec elles et eux, aujourd’hui comme demain, et ensemble nous pouvons gagner.

Vive la solidarité internationale, vive la confédération des syndicats de Géorgie, vive la confédération des syndicats d’Arménie et vive la CGT !

Merci à toutes et à tous.