À bord de la Flottille pour Gaza : le récit d’un militant CGT

Temps de lecture : 2 min.
Publié le 24 Sep. 2025
Cédric Caubère, responsable CGT du département de la Haute Garonne, est à bord de la flottille humanitaire et pacifique à destination de Gaza. Journal de bord quotidien à retrouver ici ⤵️
Imagette
Carnet de bord Flotille de la liberté

« Flottille pour la liberté »

La « flottille pour la liberté » (Global Sumud Flottilla) est un mouvement international humanitaire non violent de soutien aux Palestiniens. Son but est de créer un corridor humanitaire pour aider les populations de Gaza. Selon les organisateurs, la flottille compterait environ une cinquantaine de bateaux et le voyage vers Gaza devrait durer deux semaines. 

Par cet engagement, Cédric Caubère, militant CGT et secrétaire général de l’UD de Haute-Garonne, montre son attachement aux valeurs de la CGT, à savoir agir en faveur de tous les opprimé·es :

"Je vais à Gaza avec mon drapeau de la CGT. Notre syndicat a aussi à cœur de s'engager dans des actions en faveur de la paix dans le monde et de l’action internationale."

Cédric est à bord du bateau « Wahoo » qui est parti le 11 septembre 2025 du port de Catane en Sicile. Le capitaine est Australien (du syndicat maritime australien) et son équipage est composé de Hollandais et de Finnois. Côté passagers, c’est aussi la tour de Babel : on trouve un journaliste anglo-mauritanien, une Mexicaine, deux Suisses et une Sud-Africaine.

🔴 Cédric de retour à Paris 

"Maintenons la pression internationale pour mettre fin à la famine et au génocide en cours à Gaza"
 


"Ce qu'on a vécu, ce n'est rien comparé à ce que vivent quotidiennement les gens de Gaza."

Notre camarade Cédric et d'autres militant·es de la Global Sumud Flotilla ont été libéré·es des prisons israéliennes. Interview à leur retour aujourd'hui à Paris. 
 

Suivre le journal de bord de Cédric ✍🏽

 

🔴 Dernier message de notre camarade Cédric détenu illégalement par l'armée israélienne 
 

Cédric a enregistré une vidéo à l’approche de Gaza, juste avant d’être détenu par l’armée israélienne. Il a un message fort pour toutes les personnes mobilisées aujourd’hui et pour tous les syndiqué·es de la CGT. 

"Je compte sur toutes et tous pour démultiplier les mobilisations contre le génocide. Pour ma part, détenu, ne vous inquiétez pas, je vais bien tant que je sais que vous vous allez bien et que la CGT est là et fait tout ce qu’il faut. "

 


Partager la vidéo ⤵️

 

🚨 Jeudi 2 octobre 2025 : "si vous voyez cette vidéo c'est que nous avons été interceptés"

La flottille pour la liberté a été interceptée au mépris du droit international, avec à bord plusieurs syndicalistes dont notre camarade Cedric.

La France doit intervenir d’urgence pour garantir leur sécurité et le respect du droit international et imposer un cessez-le-feu immédiat

📍 Mobilisations dès ce soir 18h30 dans de nombreuses villes, après les manifestations contre l’austérité, et ce samedi 4 octobre, un appel unitaire et national à la mobilisation 
 

🔴 Interpellez le ministère des affaires étrangères pour garantir leur sécurité


La flottille de la solidarité internationale a été attaquée dans la nuit par l’armée israélienne

Les bateaux de la flottille internationale Sumud ont été interceptés et les volontaires arrêtés au mépris total du droit international, ce que la CGT dénonce avec la plus grande vigueur ! 

 


La CGT a immédiatement tout mis en œuvre pour s’assurer de la protection de Cédric Caubère dirigeant de la CGT,  à bord du Wahoo, mais aussi de tou.tes les ressortissant.es français. Nous sommes en relation constante avec les autorités françaises sur place et en France ainsi qu’avec la famille de Cédric.

Dès l’annonce de l’interception, partout dans le monde, les citoyen.nes sont descendus dans les rues. La mobilisation doit se poursuivre et s’amplifier !
Le génocide continue à Gaza. Rien ne semble arrêter la colonisation et l’occupation et les voix qui disent leur indignation face aux massacres et à l’impunité sont stoppées ou arrêtées.

Courrier de la CES
Accéder au courrier de la CES (en anglais) ici et  en traduction libre en français ici

 


 

Mardi 30 septembre : "Demain on sera dans la zone d’interception par les forces d’occupation israéliennes".

 

🔴 Attaque de drones contre la flottille de la solidarité pour Gaza : la France doit agir pour protéger les passager·ses à bord

Interpellez le ministère des affaires étrangères pour garantir leur sécurité

🇵🇸 « La flottille a été bombardée »
En direct de la Global Summum Flottilla avec Cédric Caubère.

 


Mardi 22 septembre, en fin de soirée 

"Salut,

Depuis 22h00 UTC [00h00 à Paris] la flottille est bombardée par des bombes sonores qui arrivent du nord. En tout cas, celle qui a traversé les voiles du bateau à 80 mètres du nôtre, arrivait du nord. J’en ai personnellement entendu huit environ, la dernière vient de tomber. L’explosion est précédée d’une flamme.

C’est assez dangereux dans la mesure où nos bateaux sont chargés de bidons de gasoil."

...Plus tôt, dans la journée

"En mer depuis environ 76 heures, nous comptons apercevoir la Crête demain. Il nous reste potentiellement 8 à 10 jours pour atteindre Gaza. Le vent est tombé. On avance surtout au moteur. La flottille progresse maintenant en formation relativement groupée.

Quelques visites de drones sont à noter sans pouvoir déterminer leur provenance. À priori cela ressemble à de la surveillance. Rien n’indique qu’ils soient plutôt israéliens que français, américains ou autre…

Les bateaux fonctionnent et le moral est bon, d'autant plus avec la reconnaissance par la France et consort de l’état de Palestine devant l’AG de l’ONU."

Au matin du mercredi 24 septembre, après l’attaque

"Quelques nouvelles de la nuit. Je vais bien et suis parti me recoucher une heure environ après le message de cette nuit. Le jour est levé, on y voit plus clair. Bilan provisoire d’après ce que je lis sur les boucles et entend à la radio : 12 bateaux visés par des bombes sonores et une à deux bombes qui dégageaient une odeur d’œuf pourri. Risque de gaz irritants, peut-être pire.

Essentiellement des voiles abimées. Il y a une bombe avec des morceaux qui ne semblent pas avoir tous explosé encore sur un des bateaux, le Luna Park. Pas de blessés à déplorer, mais de grosses frayeurs dans tous les bateaux. Notre principale crainte est celle d’un impact direct et/ou d’une inflammation des réserves de fuel présentes à bord. Nous avons appliqué les procédures d’urgence : gilets, radio, suivi des trajectoires lumineuses, attente des chocs et mains sur les oreilles avant les explosions.

Nous nous trouvions à la limite des eaux territoriales grecques, ce matin je vois la côte de la Crête à l’œil nu. Cependant, aucun bateau de gardes côtes n’est intervenu ni pendant, ni après le bombardement. Ce qui paraît complètement anormal.

Les projectiles venaient du nord et de l’est. Si c’est une tentative d’intimidation d’Israël, comme il y a toutes les raisons de le penser, on se demande qui elle vise à intimider véritablement. Les participants à la flottille ou bien l’Union européenne en intervenant dans sa zone d’influence ? À mon avis c’est la deuxième hypothèse qui est la plus inquiétante. Si l’UE  et au minimum la France ne réagissent pas avec la plus grande fermeté on peut sérieusement s’inquiéter des agissements auxquels Israël va se sentir autorisé.

Nous n’avons pas changé de cap, toujours droit vers Gaza."
 


➡️ Lire le communiqué " L’État français doit être cohérent et répondre à l’urgence en protégeant le peuple palestinien et la Flottille pacifiste Sumud"

Vendredi 26 septembre : rencontre avec Hamish

"Nous avons participé à vaincre l'apartheid en Afrique du Sud, au tour de la nouvelle génération de faire la même chose aujourd'hui" Rencontre avec Hamish de la Maritime Union of Australia, à bord du Wahoo en direction de Gaza avec notre camarade Cédric de la CGT Haute-Garonne.

 


Retour en arrière ⏮️

 


 

Cédric Caubère livre ses premières impressions la veille de son départ
 


Jeudi 11 septembre : jour de départ

"Notre bateau est le premier à quitter le port d’Augusta à 11h du matin. Nous faisons voile vers Syracuse d’où s’organisera le départ officiel de la partie sicilienne de la flottille. Les bateaux en provenance de Barcelone, Tunis, Grèce et Sicile se rejoindront ensuite en mer pour faire route ensemble vers Gaza.

10 personnes sur un bateau de 15 mètres pendant près de deux semaines, si on rajoute les incertitudes liées à notre mission et qu’on considère les risques, nous ne partons pas pour une promenade de santé.

Nous avons le droit international avec nous, comme devraient l’avoir les palestiniens. Pourtant, nous voyons bien que les pays impérialistes ne respectent pas les lois qui leurs déplaisent.
Nous sommes là pour exiger que la France, l’Europe et les autres pays du monde contraignent Israël à faire cesser le génocide et à respecter les préconisations de l’ONU.

Deux bateaux amarrés dans le port de Tunis ont été attaqués et endommagés par des drones. Heureusement, personne n’est blessé. Au regard des lois internationales, personne n’a le droit d’attaquer la Flottille et chaque pays se doit de protéger les bateaux, leurs équipages et leurs passagers."

Attaques de drones (lire la suite)

"Dans un premier temps, Tunis a tenté de dissimuler l’attaque de drone. Aujourd’hui, elle a fini par la reconnaître et s’en indigner. Cela démontre qu’avant même de partir, la pression que la flottille met sur Israël est énorme, que de plus en plus de pays estiment qu’Israël doit respecter les règles internationales et que sous le contrôle de leur opinion publique, ils ne sont pas prêts à accepter le génocide en cours.

Bien sûr, pour le moment, ce soutien est largement insuffisant, puisqu’il ne suffit pas à stopper le génocide et acheminer l’aide alimentaire.

Mais le principe de la Flottille non-violente, avec des dizaines de petits bateaux transportant des passagers de tous les pays est un outil formidable. Dans un immense élan de solidarité, des travailleuses et des travailleurs du monde entier qui estiment que leurs pays n’en font pas assez ont décidé de prendre les choses en main, avec leurs organisations ou en en inventant de nouvelles dans le but d’imposer d’autres choix politiques.

Nous voguons vers Gaza pour contraindre nos gouvernements à interdire le massacre, les crimes de guerre et le génocide en cours.
Seuls, nous ne ferons rien. Ensemble, nous pouvons tout. Cette prise de conscience massive, partagée internationalement par la classe ouvrière représente un grand espoir de changement. Pour une paix juste et durable en Palestine d’abord et avant tout mais aussi plus largement et au delà pour peser sur les choix politiques que nous devons arracher en urgence en matière sociale, environnementale, économique… pour vivre dans un monde enfin libéré de l’exploitation et la domination.

À la Victoire !"


Wahoo, le Samedi 13 septembre

"Alors que la Flottille pour Gaza navigue dans les eaux territoriales italiennes, j’en profite pour discuter avec les passagers et l’équipage du Wahoo de leur engagement et du sens de leur présence dans notre périple. Notre équipage est à l’image de l’ensemble de la Flottille. Il est composé de quatre femmes et six hommes en provenance des cinq continents qui ont tout quitté depuis au moins trois semaines pour ouvrir un couloir humanitaire pour Gaza.

À bord de notre navire, deux syndicalistes : Hamish, le capitaine, et moi. Nous avons tous deux hissé fièrement les couleurs de nos syndicats sur le bateau. La Maritime Union of Australia pour lui, la Confédération Générale du Travail pour moi.

À la CGT, nous avons l’habitude de dire, depuis 1895, que "qui touche à l’une ou l’un d’entre-nous, touche à la classe ouvrière dans son ensemble". La devise de la MUA, depuis 1872, est « An injury to one is an injury to all ». Nos deux organisations ont été fondées à la même époque, à des milliers de kilomètres de distance mais suivant une même idée : des syndicats de travailleur·euses, pour lestravailleur·euses, par les travailleur·euses,eux-mêmes et dans une conception de classe, de masse et révolutionnaire. Ce n’est donc pas un hasard si nous nous retrouvons tous les deux aujourd’hui sur le même bateau.

Pour beaucoup de monde, y compris parmi les militant·es les plus engagé·es pour l’autodétermination du peuple palestinien, il n’y a rien d’évident à ce qu’un syndicat s’engage contre le génocide en cours à Gaza pour la levée du blocus et pour l’ouverture d’un couloir humanitaire, au point d’envoyer un représentant dans la Flottille pour Gaza."

Un plaidoyer pour l'humanité (lire la suite)

"C’est qu’ils ne prennent pas en considération un élément fondamental : c’est le même système qui exploite et opprime les travailleuses et les travailleurs en France, en Australie et dans le monde entier qui produit les guerres et les génocides. Même si l’intensité est incomparable, c’est exactement la même logique qui tente d’appauvrir encore plus les salariés actifs, retraités, privés d'emploi et la jeunesse en leur volant 44 milliards d’euros que celle qui tente de rayer les palestiniennes et les palestiniens de la carte du monde.

Ce système a un nom : le capitalisme. On le combat d’abord et avant tout en étant fort là où il plonge les racines de l’exploitation c’est à dire sur les lieux de travail où nous produisons les richesses qu’il nous vole. Mais en ce XXI ème siècle, plus mondialisé que jamais, nous devons avoir conscience que pour le combattre efficacement, notre classe doit s’organiser de manière internationale pour pouvoir le mettre en échec dans tous les domaines et partout où il provoque des dégats irrémédiables qui frappent de plein fouet les travailleuses et les travailleurs.
C’est pourquoi, il est plus actuel que jamais que nos syndicats se rassemblent au delà des seules frontières nationales pour organiser les mobilisations qui imposeront la Paix, le respect de la planète, des êtres humains et de la nature qui l’habitent.

La condition sine qua non pour que nos grèves sur les lieux de travail soient gagnantes, c’est d’agir en même temps en dehors de nos entreprises pour changer nos conditions de vie. La condition sine qua non pour gagner une vie meilleure, c’est d’arriver à décider nous mêmes dans nos entreprises de ce qu’on doit produire et comment le produire.

Tenir les deux bouts, c’est ce qu’on appelle « la double besogne». C’est ce qui fait de la CGT le syndicat le plus en phase avec les aspirations du monde du travail en général et de la jeunesse en particulier. Nous avons encore pu constater ce dix septembre à quel point les jeunes nous rejoignent en masse dans les grèves et les manifestations.

En tendant la main aux travailleuses et aux travailleurs de Gaza et en empêchant le gouvernement israélien de les anéantir sous les bombes et la famine organisée, nous ne faisons pas seulement un acte de solidarité. Nous nous battons aussi pour nous même parce que nous savons que si le gouvernement israélien réussissait à anéantir le peuple palestinien, nos vies deviendraient encore plus difficiles.

Vive la solidarité internationale des travailleuses et des travailleurs !"

Sur le même thème

Actualité

🔴 Gaza meurt de faim, ne détournons pas le regard

Lire la suite
Actualité

4 octobre : soutien à la Palestine et la flottille, pour la fin du génocide

Lire la suite
Communiqués de presse

Cameroun : halte à la répression, respect du vote populaire

Lire la suite