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Le progrès social et environnemental c'est possible et urgent !

Publié le 27 mai. 2020
Temps de lecture : 4 min.
La pandémie du Covid-19 frappe l’ensemble de la planète sans distinction de nationalité, d’origine ethnique ou sociale. Elle met en évidence les fractures entre les citoyens et les peuples (économique, sociale, environnementale, sanitaire, numérique…).

Cette crise sanitaire donne à voir l’échec du mode de développement capitaliste fondé sur l’exploitation de l’être humain et de la nature. Les inégalités sociales et sanitaires sont plus que jamais évidentes et ce sont les populations les plus pauvres qui subissent de plein fouet les conséquences de cette pandémie. Selon l’ONG Oxfam, ce sont près de 500 millions de personnes supplémentaires qui vont basculer dans la pauvreté avec la crise – soit un retour en arrière de dix ans.

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Dans notre pays, le président de la République et le gouvernement ont fait régulièrement appel à l’unité nationale au nom de la lutte contre le virus. Le président a souvent fait référence à une situation de guerre pour justifier cette unité, en mémoire à d’autres pages de l’histoire de notre pays. Cet appel à l’unité nationale a un double objectif.

D’abord, une volonté de masquer les conséquences d’années de politiques d’austérité sur notre système de santé, et simultanément de détourner l’attention de la population des hésitations et défaillances du pouvoir dans la gestion de cette crise, en tentant de rendre responsables et donc de culpabiliser les citoyens. Cette position du gouvernement pourrait se résumer dans cette double et incohérente consigne : « restez chez vous pour protéger » et en même temps « allez au travail ». Cette volonté de préserver d’abord les intérêts du capital a des conséquences graves sur de nombreux travailleurs et travailleuses contraints de continuer à travailler sans protections indispensables. Cela se traduit par des contaminations et des décès dont le pouvoir et le patronat refusent de porter la responsabilité.

Le second objectif est de préparer l’opinion publique à de nouveaux sacrifices sociaux au nom de la reprise économique, comme en témoigne la publication d’ordonnances dérogatoires au Code du travail pour porter à 60 heures la durée hebdomadaire du temps de travail et ce jusqu’à la fin de l’année 2020. Bon nombre d’entreprises ou de branches se saisissent de l’opportunité pour imposer des accords dérogatoires souvent illégaux. Pas question pour le pouvoir en place d’avoir une quelconque autocritique des décennies de politiques d’austérité, de suppressions d’emplois comme dans le secteur public et la santé ou de casse des droits sociaux ou de la protection sociale. Et pourtant, si la France possède encore des « amortisseurs sociaux » qui atténuent les effets de la crise sur les citoyens et le monde du travail par rapport à des pays comme les USA, sont également mis en évidence les nombreux reculs sociaux que nous subissons depuis des années et que la CGT n’a cessé de combattre.

IL FAUT UN AUTRE MODÈLE DE SOCIÉTÉ

Il est donc urgent d’opérer des ruptures avec ces politiques et construire un autre modèle de société par des transformations économiques, sociales et environnementales radicales, tout en exigeant des mesures immédiates pour combattre les conséquences de la crise sanitaire et sociale qui se matérialisent entre autres par une explosion des violences sexistes et sexuelles, du nombre de personnes qui n’ont d’autres solution pour se nourrir que d’avoir recours à l’aide alimentaire.

La CGT a toujours été force de propositions. C’est à partir de celles-ci – que nous portons parfois depuis longtemps – que nous avons construit ce document pour un avenir différent. Un avenir pour réaffirmer que le travail n’est pas une marchandise, que la voix de celles et ceux qui travaillent doit être écoutée et entendue à partir de ce qu’ils créent, ce qu’ils fabriquent. Redonner du sens au travail, au collectif, tout en ayant des droits pour vivre dignement.

Si des ruptures doivent se faire au niveau national, elles doivent également l’être au niveau européen et mondial. C’est pourquoi nous voulons oeuvrer avec d’autres organisations syndicales dans le monde pour mondialiser le progrès social en donnant un caractère contraignant aux normes internationales et donner plus de pouvoirs aux organismes internationaux (OIT et OMS notamment) dont c’est la mission initiale.

Il est temps que de nombreuses voix s’élèvent pour dire « plus jamais ça ». La CGT, porteuse d’un autre projet de société respectueux de l’humain et de l’environnement, veut et doit y contribuer.

 

Améliorer la vie en changeant le travail !

Le travail est au coeur des préoccupations et des évolutions sociétales, sociales et environnementales. Sa finalité ne doit pas être la création de valeur pour l’actionnaire ou la remise en cause des missions de service public au nom de toujours plus de productivité et de rentabilité.

Financer le progrès social, c’est possible !

Les richesses produites en France (PIB) représentent aujourd’hui trois fois plus qu’au début des années quatre-vingt. Cependant, sans mesures fortes, la crise économique, précipitée par l’épidémie, va conduire à l’explosion du chômage et à l’appauvrissement de la population.

Santé et protection sociale, vecteurs de progrès social

Notre Sécurité sociale a encore démontré son efficacité dans la période. Pour une véritable protection sociale pour toutes et tous, il faut mettre en place la Sécurité sociale intégrale, collectrice unique des cotisations et financeuse unique des dépenses de santé avec un financement reposant sur le salaire socialisé.

Pour un monde meilleur, plus de justice et de démocratie sociale

Rétablir la hiérarchie des normes et le principe de faveur pour reconquérir une négociation collective porteuse de droits. Conçus pour être porteurs de progrès social, les conventions ou accords collectifs sont très souvent utilisés par le patronat pour aboutir au moins-disant social.

Pour une reconquête et une re-localisation de l’industrie dans le respect de l’environnement et de la planète

Une nouvelle fois, l’échec du modèle capitaliste est mis en évidence : accélération de la circulation des personnes et des marchandises, politique du zéro stock et des flux tendus, mise en concurrence des travailleurs entre eux, où qu’ils soient sur la planète, pillage des ressources naturelles… Continuer ainsi conduira à d’autres crises, sans doute plus violentes, plus difficiles à maîtriser.

Pour le développement d’une agriculture respectueuse de la santé et de la nature

Les politiques publiques doivent garantir l’accès de toutes et tous à une alimentation saine et diversifiée à des prix socialement acceptables. Mais pour passer du slogan au réel, c’est toute la production alimentaire qu’il faut repenser. C’est aussi l’acheminement des produits alimentaires qui doit être revu, pour favoriser les circuits courts, et ainsi arriver à mieux contrôler les importations.

Pour une reconquête des entreprises publiques et nationalisées autour des besoins fondamentaux

Les carences constatées dans le secteur pharmaceutique mettent en évidence notre grande dépendance à d’autres pays (Asie, États-Unis...), en grande partie à cause du morcellement des chaînes de production dans la mondialisation. Un nouveau cadre social, écologique, économique doit être mis en place, qui s’appuie en France et en Europe sur des priorités nouvelles, en constituant de solides pôles publics dans les secteurs stratégiques, énergie, transport, médicament, finances, communication…

Pour une amélioration et un développement des services publics

Socle indispensable de la solidarité, de la citoyenneté, de la démocratie, de l’émancipation et du développement économique, les services publics démontrent chaque jour leur efficacité et leur capacité d’adaptation pour conti- nuer de répondre aux besoins et nous permettre de faire face à la crise.

Aménagement du territoire et environnement

C’est tout l’aménagement du territoire qui doit être repensé, pour limiter les déplacements obligatoires, maîtriser l’urbanisation, per- mettre l’accès de toutes et tous à des services publics de proximité.

Des règles pour mondialiser le progrès social

Le capitalisme profite à une minorité, puisque 1 % des plus riches possèdent plus que le reste de la population. La CGT conduit son action dans la double exigence d’amélioration des droits et des libertés dans la vie comme au travail et de rompre avec le système capitaliste.

Le Kiosque CGT : Le progrès social et environnemental, c’est possible et urgent !

Retrouver l'intégralité du document "Le progrès social et environnemental, c’est possible et urgent !" sur le kiosque CGT en téléchargeant l'application sur votre micro ordinateur, sur votre tablette ou votre téléphone... 

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