comm. de presse
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URGENCES Derrière les grandes annonces, de maigres réponses

Publié le 11 sep 2019
Temps de lecture : 2 min.
Après plus de 6 mois de grèves sur plus de 200 établissements hospitaliers pour crier la situation critique des urgences, la rencontre hier entre la ministre et les représentants des différents acteurs concernés est loin d’avoir atteint les mesures attendues.

On a surtout assisté à une grande opération de communication.
Si les 750 millions d’euros annoncés peuvent apparaître comme une des réponses nécessaires pour certain-e-s, il faut surtout y lire que le versement de cette somme sera réparti sur 3 ans et que, très probablement, ces millions seront très pris dans les budgets existants et non additionnés à ceux-ci. Il s’agit d’une re-ventilation et non d’une dotation supplémentaire. On va « déshabiller Paul pour habiller Jacques » ; Paul qui n’est pas très bien vêtu, dans un contexte de surendettement et d’économies budgétaires drastiques au sein de la plupart des établissements dans l’Hexagone et les territoires d’Outre-mer.
Toutes les autres mesures annoncées qui sont, surtout, organisationnelles, demandent à être analysées car, au-delà de l’effet d’annonce, il faut en mesurer la portée réelle. Une chose est sûre, elles font fi des principales et premières revendications des personnels : des effectifs supplémentaires et des moyens immédiats pour améliorer les conditions de travail des salarié-e-s et la prise en charge de la population.
Pour la CGT et la Fédération Santé Action Sociale CGT (première organisation représentative des personnels), le compte n’y est absolument pas.
Nous revendiquons :

  • des effectifs en nombre suffisant dans l’immédiat et un plan d’urgence de formation de professionnel-le-s pluridisciplinaires ;
  • la reconnaissance des qualifications et de la pénibilité pour tous les personnels des établissements de Santé et d’Action Sociale car ce sont eux le moteur de l’activité ;
  • la suppression des taxes sur les salaires (4 milliards d’euros) qui permettrait de créer 100 000 emplois ;
  • l’augmentation des salaires pour toutes et tous ;
  • un moratoire sur les fermetures d’établissements et de lits dans les services ;
  • l’ouverture de réelles et sérieuses négociations.

Si la ministre persiste à ignorer la gravité de la situation exprimée par les personnels, la situation déjà incandescente continuera de se propager dans tous les établissements et dans tous les services. Car c’est tout notre système de Santé et d’Action sociale qui est à bout de souffle et le personnel en souffrance pour exercer sa mission.
Nous ne braderons, ni ne lâcherons ces exigences : elles sont les vraies réponses attendues par les professionnel-le-s. Ils et elles sont aujourd’hui en grève et manifestent, partout en France, pour les crier haut et fort jusqu’à être entendu-e-s.

Montreuil, le 11 septembre 2019

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