Un discours loin des enjeux et des besoins

Publié le 25 nov 2020
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« Le pic de la deuxième vague est passé, vos efforts ont payé ! » Ce sont les premiers mots de l’allocution présidentielle d’Emmanuel Macron, mardi 24 novembre 2020. Le ton est donc donné.

Le discours du Président repose sur beaucoup de si, pour toujours autant d’incertitudes et une seule boussole : le contrôle de la pandémie en fonction du nombre de lits d’hospitalisation disponibles.
Il suffirait donc, pour remonter le moral de la nation, que le couvre-feu et le re-confinement aient infléchi les courbes de la pandémie et que l’hypothèse d’une vaccination soit posée.
La responsabilité de l’État est peu, voire pas, évoquée tant sur le plan économique que social et sanitaire.
Le gouvernement continue d’imposer des restrictions en ajustant, ici ou là et de façon incohérente (on pourra, par exemple, assister aux cultes dès ce dimanche mais n’aller au cinéma ou dans les lieux de culture que dans un mois), les contraintes pour rendre les choses plus supportables dans un contexte de contestation de la loi sécurité globale qui porte fortement atteinte aux libertés individuelles et collectives.
Un discours qui pointe que l’avenir « serein » appartient aux citoyens, appelés à la vigilance et à leur comportement individuel exemplaire, à grand renfort de « nous devons tous veiller à la bonne conduite … pour assurer le retour à la normale. » En somme, un plan gouvernemental, avec comme outil prioritaire : le rôle et la responsabilité de chacun.ne !
De nouvelles annonces ont été faites concernant la déclinaison du plan de relance décidée par le gouvernement – notamment concernant les aides sociales accordées – mais aucune mesure concrète en direction des salariés et de leur pouvoir d’achat pour relancer l’économie.
Que ce soit dans le secteur de la santé dont le président de la République a, une nouvelle fois, salué le dévouement, dans l’industrie ou les services publics, il annonce que le monde du travail doit se préparer aux conséquences de la crise sanitaire et que c’est à lui qu’appartient la charge de redresser le pays : « Je m’adresse à vous pour poursuivre les efforts !  Et sauver notre économie ... »
Pour cela, le président de la République entend adapter la situation à chaque territoire, un nouveau cran de la réforme territoriale passerait donc et, selon notre lieu de vie et de travail, il nous faudra nous adapter aux décisions prises.
Un Président qui ambitionne de mettre un terme à l’égalité de la réponse aux besoins des citoyens sur l’ensemble du pays et faire disparaitre une République une et indivisible !
Des annonces présidentielles pas à la hauteur de la crise et ne répondant ni à l’exigence d’une politique sanitaire efficace, ni aux exigences de protection, de liberté et d’égalité de la population, ni à l’impérieuse nécessité de sortir de cette crise, en luttant efficacement contre le chômage et la pauvreté notamment en actionnant les leviers : salaires, réduction du temps de travail, formations …
La CGT porte des propositions et exigences répondant à ces besoins, elle continuera à le faire dans les mobilisations en cours et à venir.

Montreuil, le 25 novembre 2020

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