Sommet Afrique-France à Montpellier : un sommet pour refonder les relations de la Françafrique ?

Publié le 8 oct 2021
Temps de lecture : 2 min.
Emmanuel Macron avait annoncé devant les étudiants Burkinabés, à Ouagadougou, en 2017, l’idée de refonder les relations entre la France et l’Afrique. Cet engagement devait notamment prendre la forme d’un nouveau format des sommets France-Afrique qui écarte les chefs d’État africains, au profit d’une représentation de la société civile…

De nouveau, le président de la République s’attèle à faire de la communication plutôt que de la politique. Inverser la dénomination de ces sommets de « France-Afrique » à « Afrique-France » illustre ce « ripolinage » de façade et cette vision creuse de ce que devrait être les relations de la France avec les différents pays du continent africain.
Sous couvert de pseudo modernité, les objectifs français portés dans ce forum restent les mêmes : profiter des ressources naturelles du continent, faire fi des questions environnementales et exploiter des travailleurs, parfois des enfants, sans aucune exigence sociale et de protection des travailleurs.
Pourtant, après des décennies d’esclavage, de colonisation, de spoliations des richesses de ce continent… qui a une dette envers qui ?
Assurément, ce sommet n’abordera pas les véritables enjeux que sont :

  • le Franc CFA rebaptisé ECO mais toujours indexé à l’Euro et garanti par la France, outil de domination des pays riches ;
  • la dénonciation des pratiques environnementales, sociales et politiques des multinationales comme Total ou des groupes comme Bolloré ou l’empire Castel ;
  • la question de la pertinence et des missions de l’armée française au Sahel ;
  • le pillage des ressources de ce continent, privant les populations de leurs propres richesses ;
  • le choix français d’aller vers une « immigration choisie »…

La CGT dénonce donc la tenue de ce sommet qui, au final, ne servira qu’à renforcer la domination économique des pays riches et, en particulier, celle de la France sur les pays du continent africain.

Montreuil, le 8 octobre 2021