comm. de presse
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SANTÉ DES SALARIÉS, DE LA POPULATION ET DE L’ENVIRONNEMENT : LA MÊME URGENCE

Publié le 2 oct 2019
Temps de lecture : 3 min.
La CGT apporte tout son soutien aux populations sinistrées et salariés affectés par l’incendie du site Seveso Lubrizol, à Rouen.

Cet accident n’est pas un accident isolé. Nous ne pouvons plus accepter la mise en danger de la population et des salariés causée par l’impunité accordée aux entreprises et grands groupes industriels. A contrario, les travailleurs doivent avoir les moyens d’intervenir sur leur travail et son organisation.
Le droit d’alerte doit être élargi. Il est impensable au regard des événements actuels que les travailleurs qui constatent une atteinte à leur santé, à la santé des populations ou encore à l’environnement n’aient que le droit d’alerter leur supérieur hiérarchique. Ils doivent pouvoir alerter les autorités ou directement la population sans craindre de représailles ou discriminations.
Les travailleurs et leurs représentants doivent tous être sous la protection d’un Comité d’Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT), lesquels ont été supprimés par les ordonnances Macron.
Ces CHSCT devront avoir aussi la compétence de traiter les questions environnementales.
Le cas Lubrizol vient malheureusement s’ajouter à d’autres cas précédents, notamment :

  • l’incendie sur le chantier de restauration de Notre-Dame-de-Paris (qui n’était pas un site Seveso) exposant au plomb la population parisienne ;
  • quant à l’usine Sanofi de Mourenx (64), des mesures de plus de 190 000 fois la dose autorisée d’un produit cancérigène exposant salariés et habitants de la région, ont été relevées ;
  • l’exposition à l’Arsenic d’une partie des habitants de l’Aude provoquée par d’anciennes exploitations minières ;
  • l’intoxication par la bactérie E.Coli dans les steaks surgelés LIDL avec ses conséquences mortelles ;
  • les pesticides et produits phytosanitaires, comme le glyphosate ou encore le chlordécone ; ce dernier étant directement impliqué dans la multiplication des cancers en Guadeloupe et Martinique.

À cela, s’ajoutent les victimes des organisations du travail qui souffrent de troubles musculo-squelettiques (tendinites, lombalgies, etc.) et/ ou psychosociaux (dépression, burn-out, suicides, etc.). Ils résultent d’une perte de sens dans le travail où la finalité n’est plus débattue.
Les autorités doivent réinvestir dans les structures de contrôle et de conseil auprès du monde du travail.
Les inspecteurs du travail, chargés de contrôler le respect du Code du travail, ont besoin d’être en effectif conséquent et d’avoir la possibilité d’imposer le respect de la législation.
Les ingénieurs préventeurs et les contrôleurs des CARSAT (environ 700 en France) doivent pouvoir aussi se déployer dans tous les sites de production afin d’anticiper les accidents et conséquences des mauvaises organisations de travail.
Les Services de santé au travail (SST) et les médecins du travail doivent pouvoir accomplir leurs missions en toute indépendance.
Les organismes de recherche et de prévention (INRS, Anact, Anses, etc.) doivent avoir les moyens de fonctionner.
Les pollueurs doivent payer la réparation et la prévention en santé des travailleurs et de la population. Les entreprises donneuses d’ordre ne doivent en aucun cas se dégager de leurs responsabilités.
Le travail doit répondre aux besoins des populations et de la société.

Montreuil, le 2 octobre 2019

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