Refusons l’économie de guerre, gagnons la paix !

Publié le 1 fév. 2023
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Le conflit déclenché par Poutine, en Ukraine, va entrer dans sa deuxième année. C’est un bien triste anniversaire qui s’annonce. Les combats s’intensifient et aux livraisons d’armes de plus en plus lourdes et modernes à l’Ukraine, décidées par les USA mais aussi par de nombreux pays européens, répondent les frappes de plus en plus meurtrières des forces russes alimentées par des armements, pour partie, venus d’Inde, de Chine et d’Iran.

Si on doit reconnaitre, comme le stipule la charte de l’ONU, le droit des Ukrainiens à se défendre, force est de constater que les fournitures d’armements n’ont rien résolu et génèrent des dizaines de milliers de morts et de blessés, les populations civiles sont meurtries et l’Ukraine dévastée. Cette escalade militaire augmente le risque d’une généralisation du conflit vers une troisième guerre mondiale. Certains hauts responsables militaires osent maintenant l’évoquer, sans détour.
Ce conflit à l’impact mondial n’a permis que la résurgence et le renforcement de l’idéologie de la guerre.
Les décisions du président Macron visant à amplifier l’aide militaire apportée à Kiev – avec la livraison des chars de combat légers AMX-10 RC et, peut-être, demain, des Chars Leclerc – s’inscrivent malheureusement dans ce funeste schéma.
Son récent discours sur la nécessité d’engager la France dans une économie de guerre, comme l’annonce d’une augmentation de 118 milliards d’euros de la future Loi de Programmation militaire (LPM) 2024/2030 – qui passerait de 295 milliards d’euros à 413 milliards d’euros – ou l’augmentation des « réservistes », de 40 000 à 105 000 en 2035, ont pour but de préparer notre pays à un conflit majeur, selon ses propres termes.
Cela alors que, dans le même temps, les budgets sociaux sont passés au laminoir confirmant qu’il ne peut y avoir de progrès social dans une économie de guerre.
La CGT refuse de rester sans réaction, face à cette pente vertigineuse dans laquelle on nous pousse, jour après jour, avec l’installation dans la durée de cette guerre.
II devient urgent et vital de réaffirmer que la seule voie possible reste la construction d’une solution diplomatique et négociée dans le cadre des institutions internationales. Notre pays a, à plusieurs titres, un rôle important à jouer dans la recherche d’une solution pacifique. Pour cela, il faut rompre avec les postures guerrières du président de la République, respecter les accords internationaux et en finir avec la course au surarmement et, en tant que membre du conseil de sécurité de l’ONU, exiger un cessez-le-feu immédiat.
Les cessions et ventes d’armes, les budgets militaires et de défense, notamment celui de la future LPM, doivent faire l’objet d’un débat démocratique. Les armes ne doivent plus être considérées comme des marchandises comme les autres. On ne peut pas se targuer de figurer sur le podium des vendeurs d’armes mondiaux et, en même temps, prôner la paix.
À l’image de l’accord conclu pour permettre la sortie des céréales nourricières d’Ukraine, il est possible de rechercher et de trouver un accord de trêve et d’arrêt de ce conflit dans l’intérêt des populations ukrainiennes et russes mais aussi, et surtout, de la paix et de l’amitié entre les peuples.
Dans le cadre de l’appel du Bureau international de la paix (IPB) à agir du 24 au 26 février 2023, en faveur de la paix en Ukraine et dans le monde, le collectif national des marches pour la paix et ses organisations se mobiliseront les 24 et 25 février 2023.  Ces journées devront être l’occasion de soutenir l’arrêt des combats dans l’intérêt des peuples et d’exigence de paix en Europe et dans le monde.

Montreuil, le 1er février 2023