Quand TransCo devient un outil aux mains du patronat

Publié le 23 sep 2021
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Mercredi 22 septembre a eu lieu un groupe de travail paritaire. Le ministère du Travail a présenté, sur table, aux organisations syndicales et patronales, un bilan d’étape ainsi que les évolutions qu’il envisage pour le dispositif de reconversion professionnelle : Transitions collectives dit TransCo.

Tout bénef pour les patrons. Sous prétexte de faciliter, pour les entreprises, le recours au dispositif TransCo, le ministère envisage purement et simplement de laisser aux employeurs le champ libre. Ils pourraient ainsi définir unilatéralement les métiers qui seraient menacés dans les entreprises de moins de 300 salariés, alors que ce sont elles qui ont eu le plus recours à l’outil TransCo. Par ce choix, le ministère répond encore aux demandes incessantes du patronat, en éloignant les salariés et leurs représentants des questions de stratégie de l’entreprise et de leurs conséquences sur l’emploi.
Et, cerise sur le gâteau, le ministère envisage de permettre l’utilisation de TransCo dans le cadre des ruptures conventionnelles collectives. Ainsi, le dispositif deviendrait un nouvel outil pour favoriser les licenciements ! Les employeurs sont ainsi blanchis de leurs responsabilités face aux conséquences de leurs choix stratégiques.
Le ministère donne ainsi les clefs au patronat et TransCo devient un outil aux antipodes des besoins des salariés qui sont, quant à eux, en attente de sécurisation dans leur vie professionnelle pour envisager sereinement leurs souhaits et besoins d’évolution. C’est aussi laisser de côté la perspective de rester dans l’entreprise après la reconversion professionnelle, objectif pourtant clairement affirmé par les organisations syndicales lors de la création de TransCo en 2020.
Une nouvelle fois, le gouvernement cherche à contraindre plutôt qu’à convaincre.
La CGT, elle, propose de mettre en place la sécurité sociale professionnelle afin de garantir la continuité du contrat de travail et que les salariés ne soient pas toujours les victimes des choix stratégiques des entreprises.

Montreuil, le 23 septembre 2021