Protection de l’enfance : avis de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme

Publié le 3 juin 2020
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La crise sanitaire a de graves conséquences sur les 300 000 enfants suivis en protection de l'enfance. Elle a accentué les difficultés et l'insuffisance de moyens que connaissent les professionnels de ce secteur. Les enfants ont également été exposés à d'autres formes de violences, avec une hausse de 20% des appels au 119.

Dans ce contexte dramatique, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) vient de rendre un avis intitulé « Le système de protection de l'enfance : un dispositif en souffrance à repenser de manière urgente ».
Auditionnée par la CNCDH, la CGT a fait part de son analyse sans appel concernant l’état des politiques publiques à l’égard de l’« Enfance en danger », tant sur le plan de la protection de l’enfance que sur le versant pénal.
La CGT, confortée dans sa position par l’avis rendu par la CNCDH, dénonce l’état général des services et établissements en charge de l’« Enfance en Danger ».
Le manque de moyens publics criant pour tous les secteurs du social a des répercussions sur la situation des familles les plus vulnérables.
Si les départements proposent de nouveau « projets » d’établissement ou modes de prise en charge, ce n’est exclusivement qu’à moyens constants, voire inférieurs de 10% et toujours au profit d’une marchandisation du travail social. Ainsi, dans bon nombre de départements, la charge de travail des professionnels ne cesse d’augmenter, tant dans les lieux d’accueil que dans le suivi en milieu ouvert.
La rentabilité s’est inscrite de façon persistante dans les directions du travail social. Ainsi, la gestion des équipes est technocratique et la gestion comptable devient la seule donnée retenue par les employeurs.
Les professionnels de terrain placent l’enfant et le maintien des liens avec leur famille au cœur de leur travail mais l’accroissement de leur charge de travail ne permet plus d’assurer un travail de qualité en réponse aux besoins des enfants et de leurs familles. Ils se retrouvent contraints de gérer sans cesse l’urgence. Cela met à mal la réflexion professionnelle, le travail partenarial, le temps de présence effectif auprès des enfants et de leurs familles.
La perte de sens dans le travail s’est accrue avec un recours massif à l’emploi précaire dans cette filière, un appauvrissement des formations professionnelles et la fusion des diplômes (Assistant de Service Social et éducateur), au profit d’employeurs avides de « polyvalence » et « d’adaptabilité » des agent.e.s.
Priorisant la réponse aux besoins, la CGT a des propositions pour que « Le jour d’après » soit plus humain, juste, durable et solidaire, que les enfants fassent partie des priorités. Elle affirme que les activités relevant de leur protection et éducation doivent impérativement et exclusivement relever d’un service public fonctionnant dans le cadre d’une appropriation publique et démocratique.

Montreuil, le 3 juin 2020

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