Pour une ambitieuse politique du logement et contre les expulsions

Publié le 21 mai 2021
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La CGT appelle l’ensemble des salariés, des privés d’emploi, des jeunes et des retraités à agir et à participer aux mobilisations organisées en territoire les 29 et 30 mai prochains, pour une ambitieuse politique du logement et contre les expulsions.

Par deux fois depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement a pris la décision de reporter la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives et des coupures d’énergie habituellement programmée au 31 mars de chaque année.
Si cette mesure constitue un  « bol d’air » pour les ménages se trouvant en difficulté de paiement de loyer et charges, le fait que celle-ci ne soit accompagnée d’aucunes mesures de prévention des expulsions et des coupures la rend inefficace et ne fait que repousser le problème.
Le nombre d’expulsions locatives ne fait qu’augmenter depuis 2014 pour atteindre la prévision d’environ 30 000 en 2021, soit près du double de 2019 !
C’est là le résultat des politiques d’austérité menées par le gouvernement et le patronat : suppressions d’emplois dans les entreprises et services, stagnation des salaires et pensions, hausse de la précarité, etc. Aujourd’hui, 58 % des impayés locatifs ont pour cause la baisse des revenus des locataires qui, pour 31 % d’entre eux, est due à la perte d’emploi.
Alors que 12,1 millions de personnes sont en difficulté de logement dont 1,9 million en difficulté pour payer leur loyer ou leurs charges, le gouvernement refuse de prendre des mesures à la hauteur de l’urgence sociale.
Dans le contexte de crise sanitaire, le gouvernement aurait dû décider d’interdire les expulsions locatives, prononcer un moratoire des loyers et des traites en procédant à l’apurement de dettes pour l’ensemble des locataires et accédants à la propriété en difficulté.
Au lieu de cela, la ministre du Logement a rédigé  une circulaire le 26 avril dernier à destination des préfets pour leur demander que toute expulsion soit accompagnée « d’une proposition d’un autre logement ou à défaut d’une proposition d’hébergement le temps qu’une solution plus pérenne soit trouvée. » Circulaire inapplicable en l’état actuel et au vu du manque crucial de logement social et de place d’hébergement, sauf à faire exploser le recours à la solution hôtelière pour faire face à la saturation des dispositifs d’accueil d’urgence ou de réinsertion sociale.
Pour la CGT, l’accès et le maintien dans le logement passent nécessairement par :

  • l’arrêt des licenciements et des suppressions de postes ;
  • la revalorisation des salaires et l’indemnisation à 100 % du chômage partiel ;
  • la construction d’au moins 400 000 logements sociaux par an ;
  • le retrait de la réforme des aides au logement et leur revalorisation.

Montreuil, le 21 mai 2021