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MERCOSUR Une attaque contre les travailleur·euse·s et l’environnement

Publié le 1 juil 2019
Temps de lecture : 3 min.
C’est en pleine canicule, un vendredi en soirée que l’Europe et les présidences des pays de la zone MERCOSUR ont annoncé en catimini la conclusion d’un accord négocié dans le plus grand secret cette semaine.

Depuis une vingtaine d’années, des tentatives d’accord de libre-échanges entre l’Union européenne (UE) et les pays du MERCOSUR1 ne trouvent pas de conclusion car des deux côtés de l’Atlantique la soumission des États aux transnationales transparaissent.
Dans cet accord concernant 770 millions de personnes qui, pour le moment, n’est que politique et devra être ratifié par le nouveau Parlement européen et par chacun des 28 parlements nationaux, la CGT tient à faire observer les points suivants :

  • encore une fois cet accord est négocié dans le plus grand secret, mettant à bas toute règle de transparence et de contrôle démocratique ;
  • alors qu’Emmanuel Macron, lors de son discours devant l’OIT le 11 Juin 2019, s’engage sur le respect de l’environnement dans toutes les décisions politiques et accords de libre-échanges, le Brésil, notamment n’a rien annoncé en ce qui concerne un changement dans sa politique environnementale qui est climaticide, destructrice de l’Amazonie – principal poumon vert de la planète – et génocidaire vis-à-vis des peuples autochtones ;
  • l’affirmation du Président Français au G20 que la France sortirait de l’accord UE-Mercosur dans le cas où l’accord de Paris ne serait pas respecté est impossible. Dans les traités européens, un pays ne peut seul dénoncer un accord engageant les 28 pays européens.

La CGT demande que cet accord prévoit un véritable engagement concernant l’amélioration des droits des travailleur·euse·s, des droits humains, des droits environnementaux et de la protection des consommateurs dans l’ensemble des pays concernés par l’accord ; ce qui n’est pas réellement le cas dans le document signé vendredi 28 juin.
La CGT demande que les activités stratégiques ou structurantes comme, par exemple, la fonction publique, la santé, l’éducation … soient exclues des clauses de cet accord.
La CGT comme la « Coordinadora de Centrales Sindicales del Cono Sur 2» exige que les négociations puissent aboutir à un véritable accord d'association qui renforcera les relations politiques, sociales, économiques et culturelles entre les deux régions et qui soit capable de promouvoir le respect des droits humains, un emploi et un travail décents, le développement environnemental et durable, le respect du droit des consommateurs et le développement des valeurs démocratiques dans chaque pays acteurs de cet accord.
La CGT demande aux parlementaires européens et aux parlementaires français de ne pas ratifier l’accord du MERCOSUR qui va à l’encontre de la forte volonté exprimée par le Président Macron devant l’OIT le 19 Juin 2019.


Montreuil, le 1er juillet 2019

1 Mercosur (Marché commun du Sud) - Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela (suspendu).
2 La Coordination des centrales syndicales du Cône sud regroupe huit centrales syndicales, d'Argentine (CGT et CTA), du Brésil (CGT, CUT et Force syndicale, du Chili (CUT), du Paraguay (CUT) et d'Uruguay (PIT-CNT).

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