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LIBYE L’horreur s’installe complètement en Libye : les gouvernements européens complices

Publié le 23 nov 2018
Temps de lecture : 2 min.
Après avoir immobilisé pendant douze jours le navire Nivin dans le port de Misrata (Nord-Ouest de la Lybie), les autorités libyennes en ont extrait de force 77 migrants naufragés en mer. Craignant la situation en Libye, ces 77 réfugiés n’avaient pas souhaité quitter le navire.


Ainsi, les migrants du « Nivin » ont été délogés de force, au mépris de toute humanité et respect des êtres humains ayant déjà risqué leur vie en mer.
Ce que nous avions déjà envisagé arrive maintenant. Avec la complicité des pays européens et surtout de la France, les camps de transit et de tri risquent de marcher à plein régime en Libye, loin des regards et de tout contrôle des normes humanitaires.
Le gouvernement libyen prétend que les délogés seraient coupables de piraterie. L’accusation est manifestement fallacieuse car des personnes qui appellent au secours dans l’eau ne sont pas des « pirates ».
Tout aussi inquiétant, le navire et l’équipage sont toujours retenus dans le port libyen dans des conditions que l’on ne connaît pas.
En revanche, il y a maintenant un risque concret de voir des mutineries de migrants récupérés par des navires lorsqu’ils apprendront la destination du navire qui les a sauvés. Pour des raisons compréhensibles, ils ne souhaitent pas retourner sur le territoire qu’ils viennent de fuir. Le précédent de Misrata risque, par contre, de générer des résistances violentes dont les équipages des navires risquent d’être les victimes.
Pour la CGT, il est inconcevable que les politiques des États européens produisent des situations qui mettent en danger et les migrants et les équipages des navires dans la Méditerranée.
Faut-il rappeler que le droit international oblige les navires à sauver en mer quiconque appelle à l’aide, que pour les marins cela relève d’une tradition et d’un honneur et que les États ont obligation d’accueillir à terre dans les meilleurs délais les rescapés ?
Par ailleurs, le droit international oblige à tenir compte des lieux que les réfugiés fuient. Les politiques européennes sont inhumaines et doivent cesser.

Montreuil, le 23 novembre 2018