Droit de grève : travailleur·euses 1 - employeurs 0
Pour les travailleurs et les travailleuses du monde entier, c’est une triple victoire. En premier lieu, cette décision consacre l’idée que les travailleur·euses et leurs organisations syndicales sont légitimes à utiliser la grève comme moyen d’expression d’un de leurs droits fondamentaux au travail, conformément à la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée en 1998 et amendée en 2022.
La grève, n’étant pas expressément mentionnée dans la convention 87, était contestée en tant que droit fondamental par les employeurs. Cette énième tentative de faire taire toute contestation d’un système, qui soumet tout à la seule logique du capital, permettait aux employeurs de bloquer en grande partie la faculté de l’Organisation Internationale du Travail à dire le droit, en particulier sur les atteintes faites aux travailleur·euses en matière de droit de grève.
Enfin, cette décision témoigne du fait que lorsque les travailleur·euses du monde entier s’organisent, décident de se battre pied à pied, utilisent chacun des moyens dont ils disposent, même les plus complexes, ils gagnent. En effet, cette victoire est le fruit de la Confédération syndicale internationale (CSI) dont est membre la CGT depuis 2006. La CSI est la seule organisation internationale de travailleur·euses à avoir mobilisé ses affiliés à travers des campagnes internationales et à avoir combattu les employeurs et certains gouvernements jusque devant la Cour Internationale de Justice.
À une époque où les syndicalistes, partout dans le monde, doivent se battre pour avoir le droit d’exister, il n’y a pas de petite victoire. La décision rendue par la CIJ est un avis consultatif et n’est pas contraignante. La CGT, avec la CSI, continueront à mener sur tous les fronts le combat internationaliste et d’émancipation qui est le fondement de leur action.
Montreuil, le 22 mai 2026