Assurance chômage : l’étude sur le non-recours au droit contredit les mensonges du gouvernement

Publié le 5 oct. 2022
Temps de lecture : 3 min.
Le gouvernement continue de vouloir saccager les droits des travailleuses et travailleurs privés d’emploi, du moins de celles et ceux qui perçoivent une indemnisation pendant le chômage.

Renaissance et LR veulent imposer une restriction des droits d’accès aux allocations pour les salariés licenciés pour « abandon de poste », comme lors de démissions (au moins quatre mois sans indemnisation). Aucune étude d’impact n’étaye ce durcissement, ni sur le nombre de cas concernés, ni sur les motivations ; par exemple, sur les raisons qui poussent des salariés à fuir des conditions de travail toxiques et dont les employeurs font du chantage en refusant une rupture conventionnelle. Aucun respect de la négociation préalable entre organisations syndicales et patronales représentatives … Toujours le même passage en force !
Mais, le mythe des chômeurs grassement indemnisés et qui ne veulent pas travailler ne cessent de s’effondrer.
Moins de 40% des inscrits à Pôle Emploi sont indemnisés, l’allocation moyenne est en dessous du seuil de pauvreté, et seuls 300 000 emplois sont en « tension » (soit 5% des 6 millions de personnes cherchant un emploi).
Nous découvrons maintenant qu’entre 25% et 42% des allocataires potentiels ne perçoivent pas les sommes qui leur sont dues.
Depuis 2016, la CGT réclame une étude sur le non-recours au droit à l’assurance chômage, comme cela a été fait pour le RSA ou les allocations familiales. Grâce à un amendement dans la loi de 2018, le gouvernement devait ce rapport au parlement depuis fin 2020. Elisabeth Borne avait empêché sa sortie début 2022, pour ne pas gêner la campagne électorale d’Emmanuel Macron.
On comprend désormais pourquoi : entre 390 000 et 690 000 personnes pourraient être indemnisées et ne le sont pas. Dans le détail, le rapport démontre que la majorité sont souvent des travailleuses et travailleurs précaires qui ignorent leurs droits, donc plus souvent des jeunes. Quelques milliards d’euros d’allocations sont donc confisqués. Pour la CGT, cela démontre la nécessité d’augmenter massivement les moyens de Pôle Emploi, pour rendre automatique l’attribution des droits pour lesquels on a cotisé.
Plutôt que de vouloir encore baisser ou supprimer les allocations chômage en prétendant, contre toute évidence, qu’elles sont un frein à la reprise d’emploi, le gouvernement et le patronat doivent entendre les véritables problèmes d’attractivité des emplois si mal pourvus : il faut augmenter les salaires, cesser de favoriser les emplois en CDD ou temps partiel, améliorer les conditions de travail, réduire les amplitudes horaires, réduire le temps de travail, lutter contre le « management » pathogène, garantir l’égalité femmes-hommes.
L’opposition n’est pas entre celles et ceux qui ont un emploi, plus ou moins précaire, et celles et ceux qui n’en ont pas, mais entre les rentiers du capital et toutes celles et ceux qui travaillent et veulent travailler, dans le respect de leur droit à un travail digne et émancipateur.

Montreuil, le 5 octobre 2022