Fiche 26 - La prime d'activité contre les salaires
Note de lecture : Pour un·e salarié·e en couple avec 3 enfants qui perçoit un Smic à temps plein, si sa ou son conjoint·e est inactif·ve, le couple recevra 473 euros de PA, et si ce·tte conjoint·e est privé·e d'emploi et touche une ARE équivalant à 80 % du Smic, le comple ne recevra pas de PA.
* Les chiffrages sont basés sur le niveau du Smic en vigueur entre le 1er janvier 2024 et le 31 octobre 2024.
** Les enfants ont entre 3 et 10 ans. Le statut « en couple » renvoie au statut « en concubinage » de la maquette Edifis.
La prime d'activité n'est pas pérenne
Les exonérations de cotisations ont été concentrées sur les salaires entre 1 et 1,6 Smic. Elles incitent les employeur·ses à ne pas augmenter les salaires et à les concentrer autour du salaire minimum. La prime d’activité a alors été mise en place pour compenser partiellement la faiblesse des rémunérations au Smic et des bas salaires qui en sont proches.
Toutefois, la prime d’activité n’est pas substituable à des augmentations de salaires. D’abord, elle n’est pas pérenne contrairement au salaire : quand le salaire net d’un·e travailleur·se (seul·e et sans enfant) augmente de 100 euros, sa prime d’activité diminue de 39 euros !
La prime d'activité ne dépend pas des revenus du travail
De plus, près de la moitié des travailleur·ses proches du Smic ne perçoivent pas la prime d’activité ! À la différence des augmentations du Smic qui touchent l’ensemble des salarié·es se situant à ce niveau de salaire, la prime d’activité ne concerne donc pas tou·tes les travailleur·ses. Cela s’explique en partie par le non-recours, mais aussi et surtout par son mode de calcul familialisé. Concrètement, le niveau de prime d’activité est déterminé en prenant en compte le salaire, la composition du foyer et la situation professionnelle du ou de la conjointe s’il en est.
La prime d’activité est avant tout une énième aide aux entreprises. Elle est largement payée par les travailleur·ses puisqu’elle est financée par le budget général de l’État mais versée par les CAF. Les travailleur·ses doivent donc payer collectivement pour garantir à celles et ceux qui ont les salaires les plus faibles un revenu décent. À côté, les employeur·ses peuvent continuer à payer de très faibles salaires et conserver de nombreuses exonérations.
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Parcourir le reste du baromètre économique de la CGT ↓
- Chapitre I – Éléments macroéconomiques
Fiche 01 - Le PIB de la France, 2 613 milliards d'euros en 2024
Fiche 02 - La chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée
Fiche 03 - Des taux de marge élevés, sans effet sur l'investissement
Fiche 04 - Une explosion du coût du capital
Fiche 05 - La Bourse au service des actionnaires
Fiche 06 - La domination des multinationales sur l'économie française
Fiche 07 - La Banque centrale européenne (BCE) au service du capital
Fiche 08 - Le risque de la remontée des taux d'intérêt sur la dette publique
Fiche 09 - La charge de la dette publique n'est pas le premier poste de dépense de l'État
Fiche 10 - Un capitalisme français de plus en plus sous perfusion
Fiche 11 - Des cadeaux fiscaux financés par le déficit et la dette publique
Fiche 12 - C'est la dette privée qui doit nous inquiéter
Fiche 13 - Entreprises françaises : des baisses d'impôts records en Europe
Fiche 14 - La désindustrialisation de l'économie française
Fiche 15 - Balance commerciale française : un symptôme du malaise industriel
Fiche 16 - Le sous-investissement chronique en recherche et développement (R & D)
- Chapitre II – Salaires, inflation et inégalités
Fiche 17 - Crise inflationniste : un effondrement du niveau de vie des travailleur·ses
Fiche 18 - Les prix des produits de consommation populaire ont fortement augmenté
Fiche 19 - Les dépenses des ménages de plus en plus contraintes
Fiche 20 - Des salaires qui ne suffisent pas pour vivre dignement
Fiche 21 - Une explosion de la population en privation matérielle et sociale
Fiche 22 - Quel indice des prix à la consommation utiliser ?
Fiche 23 - Vers un indice CGT du coût de la vie
Fiche 24 - Sans échelle mobile, un tassement durable des salaires !
Fiche 25 - Exonérations de cotisations, une trappe à bas salaires !
Fiche 26 - La prime d'activité contre les salaires !
Fiche 27 - Inégalités salariales entre les femmes et les hommes dans le privé
Fiche 28 - Inégalités salariales entre les femmes et les hommes dans la fonction publique
Fiche 29 - Difficultés de logement : pas pour tout le monde !
Fiche 30 - Le logement, un poste de dépense croissant dans le budget des ménages
Fiche 31 - Les 10 % les plus riches détiennent près de la moitié du patrimoine
Fiche 32 - Concentration des richesses… et du pouvoir !
- Chapitre III – Sécurité sociale et santé
Fiche 33 - La Sécurité sociale en chiffres : les dépenses de la Sécurité sociale
Fiche 34 - Financement de la Sécurité sociale : hausse de la fiscalisation au détriment des cotisations sociales
Fiche 35 - Une explosion des exonérations de cotisations sociales depuis vingt ans
Fiche 36 - 14 à 15 millions de personnes dans la pauvreté ou son « halo »
Fiche 37 - La redistribution par l'intermédiaire de la protection sociale permet de faire baisser la pauvreté de plus de 30 %
Fiche 38 - Le non-recours aux prestations, un phénomène très important
Fiche 39 - L'importance du travail dissimulé dans la fraude aux cotisations sociales
Fiche 40 - Peut-on profiter de la retraite en bonne santé ?
Fiche 41 - Un tiers des hommes les plus pauvres décèdent avant 67 ans
Fiche 42 - Les plus riches vivent douze ans de plus que les plus pauvres
Fiche 43 - Santé des femmes au travail
Fiche 44 - Petite enfance : la qualité de l'accueil se dégrade
Fiche 45 - Les déserts médicaux, symptôme des inégalités territoriales ?
Fiche 46 - L'appauvrissement annoncé des retraité·es
Fiche 47 - Les inégalités entre les femmes et les hommes se paient cash à la retraite
Fiche 48 - À 60 ans, 25 % des senior·es ne sont ni en emploi ni à la retraite
Fiche 49 - Entre 60 et 64 ans, les arrêts maladie explosent lorque le travail n'est pas soutenable
- Chapitre IV – Travail et emploi
Fiche 50 - Composition de l'emploi en France
Fiche 51 - Le mythe des emplois vacants
Fiche 52 - Emploi et réduction du temps de travail
Fiche 53 - Temps partiel : les femmes en première ligne
Fiche 54 - L'aberration des heures supplémentaires
Fiche 55 - Revaloriser les métiers du soin et du lien : un enjeu d'égalité
Fiche 56 - Créer des emplois dans le secteur du soin et du lien : un enjeu d'égalité
Fiche 57 - Taux de privation d'emploi
Fiche 58 - Chômage de longue durée selon l'âge
Fiche 59 - Des demandeur·ses d'emploi en emploi !
Fiche 60 - Des privé·es d'emploi sans indemnisation
Fiche 61 - Mort·es au travail : les travailleur·ses face aux accidents du travail et aux maladies professionnelles (AT-MP)
Fiche 62 - Conditions de travail en France : la pénibilité pour toutes et tous
Fiche 63 - Violences sexistes et sexuelles : le coût de la virilité
Fiche 64 - Vote en faveur de l'extrême droite et conditions de travail
- Chapitre V – Environnement
Fiche 65 - Franchir les limites planétaires : un danger concret pour les travailleur·ses
Fiche 66 - L'insuffisante lutte contre le réchauffement
Fiche 67 - Baisse des émissions : un progrès en trompe l'œil
Fiche 68 - 15 risques professionnels affectés par le réchauffement climatique et les vagues de chaleur
Fiche 69 - Les classes populaires victimes des particules fines et de la ségrégation territoriale
Fiche 70 - Fret ferroviaire : la France décroche, le climat trinque
Fiche 71 - Artificialisation des sols, jusqu'à quand ?
Fiche 72 - PFAS, une contamination invisible mais massive
Fiche 73 - Les inégalités sont un facteur de pollution
Fiche 74 - 7 millions de passoires thermiques en France
Fiche 75 - Transition énergétique : une course contre la montre mal engagée
Fiche 76 - Un modèle agricole à bout de souffle face au climat
Fiche 77 - 28 fois plus de décès liés aux facteurs environnementaux qu'aux accidents de la route