Fiche 09 - La charge de la dette publique n'est pas le premier poste de dépense de l'État

Temps de lecture : 3 min.
Publié le 1 Aoû. 2025
Dette publique, charge d’intérêts nominale et charge d’intérêts réelle (en % du PIB)
Dette publique, charge d’intérêts nominale et charge d’intérêts réelle (en % du PIB)
Source: Insee, « Comptes de la nation » (2024).

Note de lecture: En 2024, la charge d’intérêts nominale de la France était de 2,1% du PIB, la charge d’intérêts réelle de - 0,3% du PIB, et la dette publique de 113,2% du PIB.

 

La charge de la dette est déconnectée du poids de la dette depuis vingt-cinq ans

L’État fait «rouler sa dette», ce qui signifie qu’il réemprunte pour rembourser ses emprunts qui arrivent à échéance. De ce fait, le seul coût de la dette pour l’État, ce sont les intérêts qu’il paie chaque année sur sa dette publique. Avec la situation des finances publiques et la remontée des taux d’intérêt sur la dette française, les économistes libéraux·les, le patronat ou encore le gouvernement agitent l’épouvantail de l'augmentation à venir de la charge de la dette. Celle-ci deviendrait incontrôlable à moyen terme et étranglerait le budget de l’État en devenant le premier poste de dépenses publiques.

Bien que la dette publique soit de plus en plus élevée, son poids pour les finances publiques françaises est en réalité de moins en moins important. Entre2011 et2020, la charge nominale de la dette est passée de 56 (2,7% du PIB) à 29,7milliards d’euros (1,3% du PIB). Même si elle augmente de nouveau depuis 2021, les montants en jeu restent faibles historiquement. En effet, elle est en moyenne de 2,4% du PIB sur la période 1978-2024, contre 2,1% du PIB (60,2milliards d’euros) en 2024.

La taxe inflationniste réduit le poids de la charge de la dette

Mais pour mesurer le poids que représentent réellement ces intérêts sur les finances des administrations publiques, il faut regarder la charge réelle et non la charge nominale de la dette (voir les définitions dans le glossaire).

Compte tenu de l’épisode inflationniste récent, le taux d’intérêt réel sur la dette publique a eu tendance à diminuer fortement – voire à devenir négatif par période. De ce fait, le montant de la charge de la dette est (bien) moins important que celui annoncé dans les comptes nationaux. Par exemple, la charge réelle de la dette était de - 8,9milliards d’euros en 2024, soit - 0,3% du PIB. On est donc loin de l’étau de la dette constamment décrié dans les médias et qui sert à justifier les plans d’austérité! Le premier poste de dépenses de l'État est constitué des aides publiques aux entreprises, comme démontré par une récente commission d'enquête sénatoriale.

 

POUR ALLER PLUS LOINNote éco n°165 – La charge de la dette devient-elle vraiment le premier poste de dépense de l’État? et Mémo éco n° 149 – La charge de la dette est-elle vraiment hors de contrôle ?

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