Fiche 04 - Une explosion du coût du capital

Temps de lecture : 2 min.
Publié le 1 Aoû. 2025
Paiements reçus par les actionnaires des sociétés non financières par rapport à la valeur ajoutée brute et à la formation nette de capital fixe
Graphique : Paiements reçus par les actionnaires des sociétés non financières (SNF) par rapport à la valeur ajoutée brute et à la formation nette de capital fixe
Source: Insee, « Comptes de la nation » (2024) ; Banque centrale européenne.

Note de lecture: En 2024, les paiements reçus par les actionnaires des SNF étaient de 4% de leur valeur ajoutée brute (VAB) et de 145,8% de leur formation nette de capital fixe (FNCF).

Des actionnaires de plus en plus coûteux·ses

L’importance prise par les actionnaires est le symptôme le plus évident de la financiarisation de l’économie qui débute dans les années quatre-vingt. En près de quarante ans, leur ponction dans la richesse produite a doublé. Autrement dit, le transfert de 4 à 5 points des salaires vers les profits s’est en bonne partie traduit par une explosion des versements aux actionnaires, au détriment de l’investissement.

Une autre façon de se représenter la pression actionnariale sur l’entreprise est de rapporter les paiements aux actionnaires effectués par les sociétés non-financières à leurs dépenses d’investissement net, c’est-à-dire celles qui visent à augmenter le stock de capital productif. Cela permet de voir combien coûte la rémunération des actionnaires par rapport à ce qu’il faudrait dépenser chaque année pour que l’entreprise développe son outil de production. Pour tout euro d’investissement net, les entreprises distribuaient 29 centimes de dividendes et rachats d’actions en 1978, alors qu’elles en distribuent 1,46 euros en 2024!

Ce résultat s’explique à la fois par la hausse des dividendes versés et des rachats d’actions aux actionnaires et par la baisse des dépenses d’investissement, ce qui illustre bien le changement de stratégie des entreprises : elles réduisent les projets d’investissement et restituent aux actionnaires les profits qui ne sont désormais plus nécessaires pour financer cet investissement.

Contester le pouvoir des actionnaires

Cette domination des actionnaires permet une concentration des richesses et du pouvoir entre les mains d’un nombre restreint d’individus. Cela a un impact direct sur le travail et son organisation. Les travailleur·ses deviennent des variables d’ajustement pour maximiser la rentabilité actionnariale. Les décisions d’investissement, d’embauche, la politique salariale, sont tout entières dictées par une poignée d’individus au service exclusif du capital. C’est cela que nous contestons, à tous les niveaux.

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Chapitre II – Salaires, inflation et inégalités
Chapitre III – Sécurité sociale et santé
Chapitre IV – Travail et emploi
Chapitre V – Environnement

 

Industrie

Industrie : 483 recensés, soit 107 562 emplois menacés ou supprimés

Près de dix-huit mois après l’alerte qu’elle a lancé sur l’industrie, la CGT a présenté la mise à jour de sa liste des plans de suppressions d’emplois en France – et le bilan s’alourdit de jour en jour.

 

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