Fiche 03 - Des taux de marge élevés, sans effet sur l'investissement

Temps de lecture : 2 min.
Publié le 1 Aoû. 2025
Évolution du taux de marge, du taux d’investissement brut et de la part des profits non investis
Graphique : Évolution du taux de marge, du taux d’investissement brut et de la part des profits non investis des sociétés non financières (SNF)
Source: Insee, « Comptes de la nation » (2024).

Note de lecture: En 2024, le taux de marge des sociétés non financières est de 32,2% de la valeur ajoutée brute (VAB), le taux d’investissement de 21,7% de la VAB et la part des profits non investis de 32,4% de l’excédent brut d’exploitation (EBE).

Une baisse tendancielle de l’investissement jusqu’à la fin du xxesiècle

Les années soixante-dix sont marquées par une baisse de l’investissement des entreprises. La fin du régime fordiste et une croissance plus faible peuvent l’expliquer en partie. On assiste dans le même temps à une baisse du taux de marge pour les mêmes raisons.

Le taux de marge va quant à lui rebondir très fortement à partir de 1982 du fait de la fin de l’échelle mobile des salaires (indexation des salaires sur les prix) et des mesures de libéralisation et de financiarisation de l’économie. Dans la mythologie néolibérale, cette augmentation massive des profits était nécessaire pour voir ensuite l’investissement augmenter et avec lui l’emploi… ce qui ne s’est jamais produit. En réalité, l’investissement n’est même pas revenu à son niveau de 1974 malgré un taux de marge plus élevé de près de 4 à 5 points de valeur ajoutée.

L’augmentation du profit non réinvesti

Ce sont les actionnaires qui ont profité de la fin de l’échelle mobile des salaires. En effet, la part des profits non investis a explosé au cours des années quatre-vingt, pour atteindre aujourd’hui un niveau supérieur de 10 points à celui de la période fordiste, ce qui s’est traduit par une explosion des dividendes versés. Ce sont donc des profits inutiles socialement, et nuisibles pour l’économie.

Une augmentation en trompe-l’œil depuis vingt ans

L’investissement semble avoir assez fortement augmenté depuis le début du XXIesiècle. En réalité, l’augmentation du taux d’investissement traduit essentiellement une usure plus importante du stock de capital fixe, comme les machines-outils ou le matériel informatique.

On a donc une augmentation importante des investissements visant simplement à remplacer le capital usagé. Mais l’investissement réel, c’est-à-dire celui qui vise à améliorer qualitativement et quantitativement nos capacités productives, continue quant à lui de stagner.

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Chapitre I – Éléments macroéconomiques
Chapitre II – Salaires, inflation et inégalités
Chapitre III – Sécurité sociale et santé
Chapitre IV – Travail et emploi
Chapitre V – Environnement

 

Industrie

Industrie : 483 recensés, soit 107 562 emplois menacés ou supprimés

Près de dix-huit mois après l’alerte qu’elle a lancé sur l’industrie, la CGT a présenté la mise à jour de sa liste des plans de suppressions d’emplois en France – et le bilan s’alourdit de jour en jour.

 

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