Fiche 02 - La chute de la part des salaires dans la valeur ajoutée

Temps de lecture : 2 min.
Publié le 1 Aoû. 2025
Part des salaires dans la valeur ajoutée brute des sociétés non financières (SNF)
Graphique : Part des salaires dans la valeur ajoutée brute des sociétés non financières (SNF)
Source: Insee, « Comptes de la nation » (2024).

Note de lecture: En 2024, la part de la rémunération des salarié·es dans la valeur ajoutée brute des sociétés non financières était de 65,6%.

La valeur ajoutée (VA), c’est-à-dire la richesse créée par les travailleuses et les travailleurs, est répartie entre le travail (via les salaires) et le capital (via les profits). Cette répartition est au cœur de la lutte et du rapport de force entre les travailleur·ses et leurs syndicats et le patronat. Le graphique ci-dessus illustre une grande rupture historique. Les années 1980 marquent en effet la fin des « trente glorieuses » où la croissance économique était assise sur un accroisse­ment continu des salaires, et le début du « néolibéralisme » où le capitalisme est mis entièrement au service de l’augmentation des profits et des dividendes.

Cela s’est traduit par une chute de la part revenant aux salaires, qui se stabilise durant la période « néolibérale » à un niveau historiquement bas, inférieur de 4 à 5 points en moyenne à son niveau des « trente glorieuses ». Très concrètement, les richesses produites servent bien plus le capital qu’auparavant, tandis que la part rémunérant le travail a chuté puis stagné. La justification serait à trouver dans le « théorème de Schmidt », selon lequel « les profits d’aujourd’hui sont les investisse­ments de demain et les emplois d’après-de­main ». D’après celui-ci, augmenter les profits devait favoriser l’investissement et l’emploi. Or que s’est-il produit ?

Une financiarisation non sans conséquences

Ce sont les versements aux actionnaires qui ont explosé, au détriment de l’investissement. Ainsi, l’emploi s’est détérioré au fil de la financiarisation de l’éco­nomie et les services publics ont été détruits. Dernière conséquence en date de cette distorsion du partage de la valeur ajoutée en faveur des profits : la crise de 2008, dont nous payons encore les conséquences et qui n’est certainement pas la dernière.

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Chapitre I – Éléments macroéconomiques
Chapitre II – Salaires, inflation et inégalités
Chapitre III – Sécurité sociale et santé
Chapitre IV – Travail et emploi
Chapitre V – Environnement

 

Industrie

Industrie : 483 recensés, soit 107 562 emplois menacés ou supprimés

Près de dix-huit mois après l’alerte qu’elle a lancé sur l’industrie, la CGT a présenté la mise à jour de sa liste des plans de suppressions d’emplois en France – et le bilan s’alourdit de jour en jour.

 

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