Une conférence de financement sur les mobilités qui n’en a que le nom !
Les pistes de financement issues de cette conférence donnent le ton de l’ambition, faire appel aux capitaux privés plutôt que de donner les moyens à la puissance publique d’investir. Le choix du capital et de la privatisation plutôt que celui de l’investissement public et de l’intérêt général !
Pour la CGT, force est de constater que cette conférence, après la loi LOM et 3DS ouvre la porte à de graves dangers, pour les usager·eres et les salarié·es des secteurs concernés.
Le gouvernement a largement plaidé en faveur des PPP _ Partenaires Publics Privés, pour soutenir les futurs projets d’infrastructures estimés à 200 milliards pour développer des projets structurants tel que les Services express régionaux métropolitains (SERM) ou pour éviter l’effondrement de réseaux existants.
En parallèle, le ministre de l’Économie Éric Lombard assure qu’« augmenter la part de financement privé dans nos infrastructures est indispensable pour décarboner nos économies. ». Laisser la question de la lutte contre les gaz à effets de serre et du dérèglement climatique aux mains du capital privé, c’est faire preuve de cynisme quand les mêmes demandent au gouvernement d’abandonner les politiques écologiques au nom de la compétitivité mondiale !
Pour la CGT, les choix proposés font la part belle aux lobbys en ignorant les propositions des syndicats représentatifs. C’est, une nouvelle fois, une atteinte grave et un contournement de la démocratie sociale. Pour la CGT, cela apparaît comme une volonté claire de faire des différents modes de transports une source de profit pour le capital, au détriment de l’intérêt général.
Pour la CGT, les conclusions de cette mascarade ne vont donc pas dans le sens d’une réponse aux besoins des usager·eres, de la relocalisation industrielle, dans un contexte où les enjeux environnementaux sont forts. Les salarié·es du transport soumis à la concurrence et au dumping social constituent la variable d’ajustement, au détriment du renforcement de leurs droits garantissant l’efficacité et la qualité du service public rendu.
L’accroissement de la mobilité nécessite de s’interroger sur l’évolution des ressources financières des AOM qui opèrent des choix alors qu’elles sont déjà contraintes par des budgets asphyxiés. Pour la CGT, il y a urgence à trouver de nouvelles sources de financement.
Dès maintenant, il est possible par des mesures à intégrer dans le PLF 2026 :
De mettre en cohérence les tarifications en imposant des péréquations tarifaires au niveau national et local. La CGT exige la mise en place immédiate d’une TVA à 5,5 % sur les transports collectifs, comme besoin de 1ère nécessité pour répondre aux besoins des usager·eres avec des principes clairs : « égalité, solidarité, qualité, accessibilité, sécurité, ponctualité » ;
De capter une partie des plus-values foncières générées par les projets d’aménagement des transports collectifs. Élargir à l’ensemble des régions et collectivités, la taxe sur les bureaux en attribuant une partie de ses ressources financières vers le développement des réseaux et des infrastructures de transport ;
D’abaisser le seuil des entreprises assujetties au versement mobilité pour le généraliser quel que soit le nombre de salariés et la taille de l’entreprise.
Pour la CGT, il faut renforcer un financement à la hauteur des besoins des infrastructures : l’élaboration d’une loi de programmation pluriannuelle répond à moyen et à long terme à la nécessaire responsabilité d’un état stratège.
La proposition de la nécessité d’une telle loi est portée par l’ensemble de nos fédérations concernées, à travers l’Union Interfédérale des Transports, et doit pouvoir être mise en débat à l’Assemblée nationale.
Pour la CGT, malgré les discours des gouvernements successifs annonçant des moyens conséquents pour financer les transports, les politiques publiques ne tiennent pas compte des enjeux climatiques et ont en réalité pour objectif principal de favoriser le désengagement de l’État, la libéralisation du transport, la déstructuration des réseaux et l’affaiblissement des services publics et des garanties collectives des travailleurs. La CGT revendique le besoin de complémentarité et non de concurrence entre les modes de transport, passant par des politiques publiques des transports à la hauteur des enjeux sociaux et environnementaux.
Cela passe par :
Renationaliser les sociétés concessionnaires d’autoroutes, privatisées en 2005, s’intégrant dans un grand service public routier national sous contrôle et maitrise publique ;
Flécher la Taxe Intérieure de Consommation sur les produits énergétiques (TICPE) vers les modes de transport décarbonés ;
Mobiliser l’épargne populaire par le livret A pour le financement des infrastructures de transport public ;
Réattribuer des éléments de fiscalité territoriale aux régions et renforcer les moyens propres des régions pour leurs compétences en matière de transports.
Cela entend aussi, le besoin de créer des espaces de contrôle et de débat démocratique impliquant les usagers, les associations, les organisations syndicales et les autorités organisatrices sur les questions de transport dans tous les territoires. Pour la CGT, des comités locaux en proximité peuvent répondre à cet enjeu. La CGT rappelle qu’il est indispensable dans un contexte de crise climatique et environnementale, de défendre le droit au transport et le développer. Pour la CGT, il faut rapidement engager une politique de transport constitutive d’une politique d’aménagement du territoire, du développement économique, de cohésion sociale et environnementale. Aussi, elle exige la création d’un pôle public de transport de voyageurs et de marchandises s’appuyant sur un pôle public financier, pour que les services de transports cessent d’être soumis à la loi du marché, et pour garantir les obligations prioritaires de services publics en vue de d’un aménagement du territoire à égal accès pour l’ensemble de la population.
Montreuil, le 16 juillet 2025