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Santé et protection sociale, vecteurs de progrès social

Publié le 10 mai 2020
Temps de lecture : 4 min.
Notre Sécurité sociale a encore démontré son efficacité dans la période. Pour une véritable protection sociale pour toutes et tous, il faut mettre en place la Sécurité sociale intégrale, collectrice unique des cotisations et financeuse unique des dépenses de santé avec un financement reposant sur le salaire socialisé.

Il est également urgent de reconquérir la démocratie dans la gestion de la Sécurité sociale – avec le retour aux élections dans les caisses de Sécurité sociale – et de réhabiliter la cotisation sociale comme financement unique de la Sécurité sociale aux yeux de la population.

Un débat national s’impose pour une transformation de notre système de santé autour d’un service public englobant l’offre de soins de ville et l’offre hospitalière, assis sur des centres de santé et des établissements à but non lucratif, intégrant les industries de santé.

La CGT alerte depuis des années sur le manque de lits, et depuis plus d’un an les personnels sont mobilisés pour dénoncer le manque de moyens à l’hôpital comme dans les Ehpad. La crise sanitaire ne doit pas conduire à sacrifier certains actes médicaux et notamment le droit à l’IVG, dont le délai légal doit être allongé. Il est indispensable de :

  • former et embaucher du personnel avec un premier plan de 100 000 recrutements pour l’hôpital ;
  • annuler la dette des hôpitaux et augmenter immédiatement leur budget de 5 % ;
  • stopper tous les plans de restructuration et de fermetures ;
  • supprimer les agences régionales de santé et revenir à des services déconcentrés de l’État à l’échelle des départements et des régions pour organiser une véritable démocratie sanitaire et un renforcement des services publics dans les territoires.

La situation a remis en lumière les insuffisances du secteur de l’aide à l’autonomie. La CGT revendique :

  • la création d’un grand service public de la perte d’autonomie (Ehpad et domicile) avec des salariés formés, qualifiés et rémunérés en conséquence dans le cadre d’un statut unifié ;
  • 300 000 embauches pour couvrir tous les besoins du secteur ;
  • un financement de la perte d’autonomie dans le cadre de la branche maladie de la Sécurité sociale avec l’objectif de zéro reste à charge ;
  • la suppression de la barrière d’âge à 60 ans entre handicap et autonomie pour l’obtention des mêmes prestations.

Nous portons plus que jamais l’exigence d’une Sécurité sociale intégrale, couvrant tous les besoins.

  • Pour le droit à la santé : prise en charge totale pour toutes et tous, sans reste à charge sur les médicaments, les soins et les dispositifs de santé.
  • Pour le droit à la famille : universalité des prestations familiales, qui doivent être non imposables, sans condition de ressources et dès le premier enfant. Des droits nouveaux doivent également être mis en place pour suivre la transformation de la parentalité.
  • Pour le droit à l’indemnisation chômage : chaque période de crise renforce la pertinence du programme du Conseil national de la Résistance et de l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a droit au travail, et à un revenu de remplacement s’il ne peut exercer ce droit. » Ainsi :
    • dans la période, si chômage partiel il y doit y avoir, celui-ci doit être payé à 100 % ;
    • le gouvernement doit annuler la réforme 2019 de l’Assurance-chômage, déjà entrée en vigueur en partie au 1er novembre 2019 ;
    • les droits pour toutes et tous, artistes et techniciens intermittents compris, doivent être prolongés d’un an renouvelable (en plus de la durée de confinement) ;
    • tous les demandeurs d’emploi, y compris les primo-demandeurs, doivent être indemnisés sans exception.

Pour le droit à la retraite : Le projet de réforme du gouvernement doit être abandonné et des négociations doivent s’ouvrir pour améliorer le système existant de répartition par annuité.

Repère collectif essentiel, l’âge de 60 ans doit redevenir l’âge légal de départ accessible à taux plein en prenant en compte les années d’études.

Pour la prise en charge du handicap : environ une personne sur cinq est marquée par le handicap et plus de deux millions vivent sous le seuil de pauvreté. Dans ce contexte, il est indispensable :

  • d’assurer l’accès au soin des personnes en situation de handicap. Il faut partir du type de handicap pour adapter le traitement et la prise en charge des personnes atteintes du Covid-19, ce qui implique une formation et/ou spécialisation du corps médical au handicap ;
  • la rémunération de tous les salariés en situation de handicap doit être maintenue, y compris en période de confinement et en cas de chômage partiel.

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