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Projet de loi séparatisme : une nouvelle attaque contre les musulmans

Publié le 8 oct 2020
Temps de lecture : 2 min.
Neutralité religieuse, contrôle des associations, école obligatoire dès 3 ans... le gouvernement a annoncé les principales mesures du projet de loi contre le « séparatisme ». Une nouvelle fois, ce sont les musulmanes et musulmans qui sont visés par ce texte de loi.

Le ministère de l'Intérieur a publié le texte de loi contre le « séparatisme », mardi 6 octobre, intitulé « projet de loi visant à renforcer la laïcité et conforter les principes républicains ». Ce texte comprend cinq mesures principales, dont le contrôle des associations et l'école obligatoire dès 3 ans.

Selon le texte de loi, les associations bénéficiant d'aides publiques ne peuvent « tenir des discours qui soient contraires à la République ». Les aides seraient ainsi conditionnées à la signature d'un « contrat d'engagements pour le respect des valeurs de la République et des exigences minimales de la vie en société ».

« L'idée était bien de lutter contre le séparatisme principal qu'est l'islam radical », a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, avant d'ajouter : « Ce n'est pas le seul objet du texte qui s'adresse à tous les cultes, contre tous les mouvements sectaires. »

Personne n'est dupe : ce sont bien les citoyennes et citoyens de confession musulmane qui sont visés par ce projet de loi. Ces dernières semaines, une véritable campagne s'est tenue dans les médias. Ce projet de loi porte un héritage colonial raciste et s'inscrit dans un contexte marqué par une recrudescence d'actes et de paroles racistes dans le débat public public :

  • l’usage du mot « ensauvagement » répété par les membres du gouvernement et repris par les médias ;
  • la monstrueuse mise en scène raciste de la députée Danièle Obono dans un magazine ;
  • la « plaisanterie » d’un ancien président de la République assimilant « singes » et personnes noires ;
  • les humiliations publiques répétées de femmes qui portent le foulard…

Récemment, une dirigeante de l'Unef a été attaquée sur son voile, alors qu'elle s'exprimait sur l'aggravation des conditions de vie des étudiants dans le contexte de crise sanitaire.

La laïcité a pour objectif principal de garantir les libertés et l'égalité. L’État se doit justement d'être neutre et laïc pour permettre aux citoyennes ou citoyens d'exprimer librement leurs idées, dans la mesure où cette expression n’empiète pas sur la liberté d’autrui.

La CGT rappelle son attachement à la laïcité telle que définie dans la loi de 1905. La modifier, comme le projette l’exécutif, risque de détruire cet équilibre et de renforcer l’instrumentalisation de la laïcité.

Cette instrumentalisation est doublement dangereuse : elle fait le jeu de l'extrême droite et divise la société.

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