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Un chômage en baisse… vraiment ?

Publié le 30 jan 2020
Temps de lecture : 3 min.
En pleine contestation sociale contre la réforme des retraites, le gouvernement a tenté un nouvel enfumage en se félicitant d'une baisse du chômage de 3,3 % en 2019. Toutefois, les chiffres publiés par le ministère du Travail méritent d'être relativisés.

À première vue, les chiffres sont encourageant. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a, en effet, reculé de près de 121 000 (soit – 3,3 %) pour atteindre 3,553 millions sur l’ensemble du territoire (Outre-mer compris, sauf Mayotte). Une diminution nettement plus forte que celle qui avait été enregistrée en 2018 (– 1,4 %). Toutes catégories confondues, le chômage est en baisse de 1,7 % sur le trimestre et 2,2 % sur l’année. Cependant, ils ne traduisent pas seulement des créations d’emploi mais avant tout l’exclusion de demandeurs d’emploi de l’assurance-chômage. À titre d’exemple, les radiations n’ont cessé d’augmenter (quasiment 13 % au 2e trimestre et 2 % au 3e). « Seuls 20 % des chômeurs sortent de Pôle emploi car ils ont retrouvé un emploi », observe Pierre Garnodier, secrétaire général du Comité national des travailleurs privés d'emploi et précaires (CNTPEP) de la CGT. « Il existe plusieurs motifs de cessation d'inscription. Depuis septembre, des demandeurs d'emploi peinent à s'actualiser car Pôle emploi a modifié les identifiants des comptes internet. » Autre motif : l'inscription au RSA. Pour en bénéficier, il faut être inscrit à Pôle emploi, mais, ne trouvant pas d'emploi, nombres d'allocataires cessent ensuite de s'actualiser. L’absence d'actualisation entraîne automatiquement leur radiation.

Une guerre contre les chômeurs

Concernant les radiations, la « Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a durci le contrôle des chômeurs. Depuis la loi, il suffit qu'un demandeur d'emploi rate un seul rendez-vous pour être radié. Il existe par ailleurs un nouveau motif de radiation : « L'absence de recherche d'emploi. La surveillance des chômeurs est menée par un centre de contrôle de recherche d'emploi. Il y a eu un basculement : on est passé d'un service d'accompagnement des demandeurs d'emploi à un contrôle social. La baisse du nombre de demandeurs d'emploi n'est pas le résultat d'une guerre menée contre le chômage, mais celui d'une guerre menée contre les chômeurs », analyse Pierre Garnodier. Cette guerre semble d'autant plus injuste que Pôle emploi ne respecte pas sa première mission. D'après une étude menée par le CNTPEP, 47 % des offres d'emploi proposées par Pôle emploi sont illégales, et 97 % de ces offres illégales proviennent de plateforme privées…

La moitié des indemnisés sortent perdants

Non seulement ceux qui sont exclus de l’assurance-chômage sont de plus en plus nombreux, mais ils sont une minorité d’inscrits à Pôle emploi à être indemnisés (moins d’une personne sur deux). Cette hausse de la pauvreté, attestée par les chiffres de l'Insee, risque de se prolonger en 2020, quand les premières mesures de la réforme de l’assurance-chômage commenceront à montrer leurs effets. Pour rappel, cette mesure fait 50 % de perdants parmi les 2,6 millions d’indemnisés. Autant de personnes potentiellement précipitées dans la précarité.

 

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