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La santé des livreurs en danger

Publié le 30 mar 2020
Temps de lecture : 3 min.
En dépit de la la crise sanitaire, un certain nombre d’entreprises aux activités non essentielles continuent à exposer leurs travailleurs à des risques sanitaires depuis le début de la crise du coronavirus. C’est le cas des livreurs des plateformes, qui continuent à pédaler pendant le confinement. Pour lutter contre cette situation, la CGT a appelé à la grève le vendredi 27 mars. Une prochaine mobilisation est prévue le 3 avril.

Depuis le début du confinement, les livreurs continuent à sillonner les rues vides, au péril de leur vie. Pour protester contre cette situation, les livreurs ont posé les sacs vendredi 27 mars à l’appel de la CGT. « Que des entreprises comme Uber Eats, Deliveroo, Stuart, Glovo, Frichti, Nestor, profitent du confinement de la population pour “faire du fric” tout en exposant les livreurs et leurs clients au Covid-19 est irresponsable et relève de la mise en danger de la vie d’autrui. Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes ces plateformes et l’indemnisation de tous les livreurs », exposait notre organisation, au côté de plusieurs syndicats et collectifs (Solidaires, CNT, Clap...).

Aucune protection pour les livreurs

Pour rassurer ses livreurs, Deliveroo avait envoyé un mail plus d’une semaine après le début du confinement, annonçant qu’il leur fournirait des masques dont la « disponibilité est limitée » et selon des modalités peu claires.

Alors que le personnel soignant fait face à une pénurie de masques, maintenir cette activité de livraison est-elle pertinente ?

Le gouvernement a publié un « Guide des précautions sanitaires à respecter dans le cadre de la livraison de repas à domicile » dimanche 15 mars. Mais les conditions d’exercice le rendent difficilement applicable.

L’attente sur le parvis des restaurants pousse à entrer en contact avec les autres livreurs, et aller jusqu’à la porte des clients oblige à toucher les interphones, poignées, etc. Une photo relayée par le Clap (Collectif des livreurs autonomes de Paris) montre que certains restaurateurs ne font pas respecter la distance de sécurité aux livreurs qui attendent sur le parvis de leur restaurant.

Difficile aussi de trouver un point d’eau pour se laver les mains. Dans ces conditions, maintenir la livraison pour les seuls profits des différentes plateformes est criminel.

Les livreurs doivent être protégés par la loi

La CGT demande donc l’arrêt de l’activité des plateformes pendant la crise ainsi qu’un revenu de remplacement à hauteur de 100 % de la rémunération habituelle pour les livreurs dans l’incapacité de travailler et le maintien de la rémunération pour ceux ayant travaillé mais dont l'activité a baissé consécutivement à la fermeture de certains restaurants et à l’instauration d’un couvre-feu dans certaines villes.

Pour se faire entendre, les livreurs cesseront le travail, à l’appel des syndicats CGT des plateformes, vendredi 3 avril.

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