L’anéantissement du syndicalisme indépendant au Belarus

Temps de lecture : 3 min.
Publié le 20 déc. 2022
Mardi 20 décembre s’ouvre à Minsk le procès des dirigeants du BKDP, Aliaksandr Yarashuk, Siarhei Antusevich et Iryna But-Husaim, arrêté.es le 19 avril dernier. Ils risquent jusqu’à 14 ans de prison et font partie des 37 dirigeants et militants syndicaux du BKDP dont 9 femmes, qui sont actuellement détenu.es dans les geôles biélorusses.
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C’est ainsi que le régime de Loukachenko anéantit le mouvement syndical indépendant du Belarus, incarné depuis trois décennies par le Congrès biélorusse des syndicats démocratiques (BKDP) qui voit officiellement le jour en 1993 et dont la liquidation a été prononcée par la Cour Suprême du pays le 17 juillet 2022.

La naissance du BKDP, est très étroitement liée à l’exercice effectif du droit de grève et à sa contestation par les autorités biélorusses.

Une autre ligne de fracture essentielle avec le syndicalisme officiel passe par le refus d’accepter dans ses rangs la direction des entreprises. Les militant.es du BKDP ont pris une part active à l’explosion sociale qui a suivi l’élection présidentielle truquée de 2020, et ont animé les comités de grèves qui ont surgi sur les lieux de travail et d’études.

Des peines de prison fermes ont été prononcées à leur encontre dès l’automne 2020.

Le BKDP s’est élevé publiquement contre la guerre de Poutine en Ukraine dès le 24 février 2022 en proclamant que « le fait que le gouvernement russe ait déclenché une guerre contre l'Ukraine aujourd'hui ne peut être compris, justifié ou pardonné. Le fait que l'agresseur ait envahi l'Ukraine depuis le territoire du Belarus avec le consentement des autorités biélorusses ne peut être ni justifié ni pardonné »

Le 29 mars 2022, Aliaksandr Yarashuk, le président du BKDP, adresse au pays un vibrant appel à stopper la guerre :

« Exigez sur vos lieux de travail, au nom des collectifs de travail : non à la guerre, non à la participation de la Biélorussie à celle-ci ! Exigez l'interdiction d'envoyer des troupes biélorusses en Ukraine, exigez le retrait des troupes russes de notre pays ! Faisons-le maintenant, faisons-le aujourd'hui ! Parce que demain, il sera trop tard ! Parce que demain pour les Biélorusses ne viendra peut-être jamais ! ».

Aliaksandr avait déjà tenu ces propos lors d’un webinaire organisé par la CGT le 25 mars 2022 avec des syndicalistes ukrainiens.

Le 19 avril 2022, le régime a répondu par la répression et la violence à ces appels pacifistes en arrêtant la quasi-totalité des dirigeant.es du BKDP.

Les conditions de détention des syndicalistes sont inhumaines. En parallèle, des centaines de travailleurs et travailleuses syndiqué.es ont été licenciés. Les familles de militant.es sont harcelé.es par les autorités.

La CGT exige la libération de toutes et tous les syndicalistes biélorusses injustement emprisonné.es, la réintégration des travailleuses et travailleurs licencié.es pour cause d’activité syndicale et l’annulation des décisions judiciaires qui ont rendu possible la liquidation des syndicats indépendants !

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