Depuis les bombardements à Hiroshima et Nagasaki, 80 ans sans diminution des risques de guerre nucléaire
Le 6 août, il y a 80 ans, la première bombe nucléaire était lancée sur Hiroshima. Elle n’avait pas pour but de détruire des infrastructures militaires, mais de terroriser les populations civiles afin de faire pression sur le pouvoir japonais. Ce dernier avait pourtant déjà accepté sa reddition, sans réponse positive des forces alliées…
Ce jour-là, à 8 h 15, la planète entra dans l’ère de la terreur nucléaire.
Ce jour-là, à 8 h 15, des familles entières furent littéralement atomisées sous une température estimée entre 3000 et 5000 degrés Celsius, et ceci sur une surface de 12 Kms2.
Le 9 aout, à Nagasaki, le même scénario se renouvela à 11 heures 02.
Selon les estimations, les deux explosions ont instantanément tué entre 103 000 et 220 000 personnes, sans compter les victimes de cancers ou d’autres maladies dues aux radiations. Il y eut ensuite dans le Pacifique de nombreuses victimes des essais nucléaires, réalisés en Polynésie française par la France et dans les iles Marshall par les États-Unis.
Devant ces horreurs, très rapidement de nombreux peuples, de nombreuses organisations dont la CGT, se sont élevés pour que cesse la course aux armements nucléaires et pour l’interdiction de telles armes.
De nombreuses personnalités ont, publiquement, fait connaitre leur refus de cette menace, comme dans l’appel de Stockholm dès 1950 dont le premier signataire a été Frédéric Joliot-Curie, proche de la CGT, ou encore dans l’Appel des cents pour la Paix, longtemps dirigés par Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT qui plaidait notamment pour « Un XXIe siècle sans armes nucléaires ».
En 2025 nous en sommes loin. Il n’y a jamais eu autant de conflits armés : 61 dans 36 pays différents, responsables a minima de 129 000 morts.
Parmi eux les actions génocidaires du gouvernement israélien : le monde et l’Union européenne doivent cesser de détourner les yeux et mettre sous embargo tout échange avec Israël, dont les criminels de guerre tel B. Netanyahou doivent être traduits en justice, comme le demande la Cour pénale internationale qui devra se prononcer sur leur implication dans des crimes contre l’Humanité.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie doit cesser et les responsables doivent subir les sanctions prévues par le droit international. Les travailleuses et les travailleurs doivent retrouver des droits sociaux.
Après le coup d’État militaire de l’armée au Myanmar en 2021, pour se maintenir au pouvoir celle-ci massacre la population civile grâce à l’argent des multinationales qui la soutiennent et aux armes procurées par des pays plus intéressés par les ressources naturelles du pays que par les droits humains.
Devant les dangers de confrontations, plusieurs pays étant en capacité de déclencher le feu nucléaire, devant l’attitude imprévisible du Président des États-Unis, encore mise en évidence ses derniers jours, devant la montée des nationalisme, populisme et fascisme dans le monde mais aussi en France, consciente que le Président français se verrait bien en chef de guerre pour regagner en popularité, la CGT a décidé de faire de l’enjeu de la Paix un axe structurant de ses actions.
C’est ainsi que dès janvier 2025, avec le mouvement de la Paix elle recevait au siège de la CGT une délégation japonaise composée d’un représentant de Nihon Hydankio, qui a reçu le prix Nobel de la Paix 2024, Hibakucha touché dans sa chair par la bombe de Nagasaki, de la Secrétaire générale adjointe de Gensukyo, mouvement de la Paix japonais, et d’un vice-président de Zenroren, syndicat japonais partenaire de la CGT.
À cette occasion, le samedi 25 janvier, devant l’ile Longue, principale base militaire française équipée en arme nucléaire, nos organisations ont lancé un « Appel mondial pour l’élimination totale des armes nucléaires » déjà signé par de nombreuses personnalités.
Une délégation de la direction confédérale de la CGT, ainsi que plus d’une centaine de militantes et de militants français pour la Paix sont à Hiroshima et se rendront le 8 août à Nagasaki. A cette occasion, la CGT sera représentée lors des rassemblements organisés à Hiroshima et Nagasaki par Gensuikyo (Mouvement de la paix japonais). Elle s’est exprimée en séance plénière le 3 août lors de la réunion internationale et participera aux travaux prévus. Pour la commémoration officielle, la délégation de la CGT a été invitée par la ville d’Hiroshima, reconnaissant les actions de la CGT pour la Paix, à être présente dans la tribune officielle.
La CGT est solidaire de tous les peuples qui subissent la guerre et le colonialisme. Nous misons sur le droit international, l’Onu en premier lieu, mais aussi sur d’autres organisations, telles que la CPI, l’OMS, les Cop, la CSI ou l’OIT pour cheminer vers la Paix. L’Organisation internationale du travail affirmait dès 1944, dans sa déclaration de Philadelphie, qu’il n’y a pas de paix sans justice sociale.
Pour un monde en paix, pour la vie, pour l’avenir, agissons ensemble dans le sens de la Paix, portons collectivement la campagne d’interdiction des armes nucléaires, et amplifions nos actions et campagnes internationales en faveur de toutes les causes qui concourent à la paix.
Hiroshima, le 6 août 2025