Argentine : l’extrême-droite de Milei veut ramener le travail 100 ans en arrière

Temps de lecture : 3 min.
Publié le 18 Fév. 2026
Le parlement argentin vient d’approuver une loi travail XXL, qui ramène littéralement de large pan du code du travail aux normes qui le régissaient au début du siècle dernier. Les mesures contenues dans ce texte de loi témoignent une nouvelle fois des objectifs profonds de l’extrême-droite : intensifier l’exploitation au travail et démanteler les outils de défense du monde du travail.
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Les mesures comprennent :

  • De nouvelles restrictions sur les droits de grève et le droit syndical : les assemblées sont limitées, les délégués sont privés de protection et les syndicats sont privés de financement
  • Le système de convention collective est littéralement chamboulé : c’est l’échelon le plus petit qui est privilégié pour la négociation, avec le pouvoir de se substituer aux réglementations plus favorables de la branche ou de la loi.
  • Les entreprises sont « libérées » : les licenciements sont facilités par des indemnités réduites et un fond d’aide a été créé pour que les frais liés à ce licenciement ne soient même plus pris en charge par les entreprises ; l’entreprise principale est libérée de sa responsabilité vis-à-vis de tous les sous-traitants, ce qui entraîne, par exemple, l’impossibilité de réclamer des arriérés de salaires au donneur d’ordre.
  • Les droits individuels des travailleurs subissent aussi un saccage en règle : les journées de travail peuvent aller jusqu’à 12h ; l’employeur peut modifier et répartir comme il le souhaite les heures de travail pour éviter le paiement d’heures supplémentaires ; les restrictions et les exigences relatives à la modification des horaires, des conditions de travail et à l'octroi de congés sont supprimées ; les salaires deviennent « dynamiques » ; c’est-à-dire variable d’un mois à l’autre, les périodes d’essai sont prolongés dans les secteurs les plus vulnérables (comme ceux agricoles)…

Cette liste non exhaustive est défendue par Javier Milei comme une défense des « travailleurs libres » contre les « esclaves de l’Etat » et la « caste syndicale ». 

En réponse, les syndicats CTA-T, CTA-A et des fédérations de la CGT (Argentine), ont organisé une importante mobilisation en opposition à ce paquet régressif, qui représente une atteinte majeure aux droits syndicaux et démocratiques. Cette dernière a eu lieu devant le congrès et a dû faire face à une répression intense (plus de 300 blessés, 31 arrestations et 70 interpellations). 

Aux côtés de la Confédération Syndicale internationale et de la Confédération Syndicale des Amériques, la CGT souhaite apporter toute sa solidarité aux travailleuses et travailleurs argentins, en lutte avec leur syndicat contre cette attaque sans précédent.

La CGT en France, alerte sur les dangers mortels pour le monde du travail que fait peser l’extrême-droite, en Argentine comme ailleurs dans le monde. La résistance syndicale est un impératif vital.

A Montreuil le 18 février 2026

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