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4e congrès de la CSI : journée du mercredi 5 décembre 2018

Publié le 6 déc. 2018
Temps de lecture : 4 min.
Dès le début des travaux en plénière (matin), reprise des interventions, environ une dizaine, avec une participation des syndicats africains et sud-américains.

De nombreux points communs émergent, surtout sur la remise en cause des droits fondamentaux, mais aussi des droits syndicaux. Bien évidemment, les conséquences ne sont pas les mêmes, que l’on soit Yéménite, Algérien ou Brésilien.
D’autres interventions portent sur le besoin d’une CSI transparente, démocratique, qui laisse une place à tous les pays et régions qu’elle représente.

C’est aussi la journée charnière pour le congrès de notre Confédération Syndicale Internationale, puisque c’est aujourd’hui que le congrès votera pour le futur mandat de Secrétaire Générale.

Rencontre avec des camarades du monde entier

À la marge des débats en plénière, la délégation de la CGT rencontre des camarades des autres pays du monde. Ainsi, un échange avec le camarade Han de la KCTU sud-coréenne a eu lieu. Il tenait à remercier la CGT pour l’avoir soutenu lorsqu’il passait trente mois en prison pour avoir participé et contribué au mouvement de protestation contre le gouvernement corrompu de la présidente sud-coréenne Park. Il avait été condamné à trois ans de prison, et n’a pu sortir qu’au bout des cinq sixièmes de sa peine. Il avait reçu de nombreux soutiens venant du monde entier, coordonnés par la CSI. La CGT s’était adressée à l’ambassade en France et lui avait écrit en prison. Du coup, les Coréens voulaient en savoir plus sur le droit de grève en France, et la situation pendant l’État d’urgence en France. Bien entendu, ils se sont intéressés au mouvement des gilets jaunes à Paris.

Les deux délégations ont constaté des programmes de réforme du « marché du travail » comparables dans les deux pays : restriction du droit syndical, décentralisation de la négociation collective, et réformes des retraites.

D’autres rencontres ont eu lieu avec les Argentins, Colombiens et de différents pays d’Afrique, qui ont illustré de façon concrète les convergences des luttes qui doivent être organisées par la CSI dans les différentes régions du monde.

L’organisation du congrès, par devoir de démocratie, a donc donné la parole aux deux candidates, Sharan Burrow (candidate à sa propre succession) et Susanna Camusso, secrétaire générale de la CGIL Italie. Elles ont présenté leur conception du syndicalisme international. Sharan est restée très attachée au fait d’incarner le syndicalisme mondial et rapporte quelque peu l’exercice du mandat de secrétaire générale à sa seule personne, tandis que Susanna défend une approche collective appuyée sur un syndicalisme de transformation sociale. Dans son discours-programme, les références au syndicalisme de lutte sont nombreuses, et la volonté est claire de transformer la CSI en une organisation combative face aux ravages du capitalisme. Pour ce faire, elle appelle à démocratiser la CSI, à rendre son fonctionnement plus collectif et à s’appuyer sur les syndicats de branche mondiaux et les organisations régionales. Cette orientation imprime fortement les travaux du congrès et regroupe derrière elle les organisations les plus attachées au syndicalisme de lutte. C’est ce qui a fondé le vote CGT en sa faveur. La séance plénière se termine à midi, et les opérations électorales débutent.

La CSI devra adopter une feuille de route plus revendicative

L’après-midi, le congrès a traversé le pont sur l’Øresund qui sépare Copenhague de la Suède, et s’est rendu à Malmö, ville cosmopolite par excellence, habitée par au moins de 174 nationalités différentes. Cette ville est un haut lieu du mouvement ouvrier suédois. Ainsi, les congressistes ont pu assister à une conférence sur l’accueil des migrants dans ce pays.

Les résultats du vote sont arrivés entretemps, et sont les suivants :

  • Sharan Burrow : 52% ;
  • Susanna Camusso : 48%.

Pour la délégation de la CGT, ce qui est évident, c’est que même si ce résultat ne permet pas à la candidate soutenue par la CGT d’accéder au secrétariat général, la CSI est tout de même à un tournant de son existence. Sa direction, qui a entendu le vote du congrès, devra adopter une feuille de route plus revendicative pour le progrès social. D’ores et déjà, la CGT défend des amendements pour une amélioration de l’organisation de la CSI, une meilleure visibilité, et la pratique d’un syndicalisme de lutte. C’est ainsi que la CGT a cosigné une proposition de résolution pour une feuille de route pour le travail de la future équipe de cette internationale syndicale.

 

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