actualité
actualité

Des travailleurs sans-papiers, exploités dans le désamiantage, subissent les insultes racistes et les menaces de mort de leur employeur

Publié le 27 mar 2019
Temps de lecture : 3 min.
« Espèce d’enculé de noir, je vais te défoncer ta gueule » : c'est avec ces insultes racistes que la direction de Pinault-Gapaix menace les travailleurs sans-papiers, exploités pendant des années dans le désamiantage sans formation ni protection adéquates. Assistés par la CGT, ils se battent devant les tribunaux pour obtenir un suivi médical conforme à la loi et des réparations.

En mars 2018, soudainement licenciés, quinze travailleurs sans-papiers saisissent la CGT 93, puis l’inspection du travail qui, après une enquête approfondie, aboutira à ce que cette dernière saisisse, le 28 février 2019, le procureur de la République pour des infractions relevant de l’article 40 du code Pénal : mise en danger de la vie d’autrui, traite des êtres humains, soumission de personnes vulnérables et dépendantes à des conditions de travail indignes.

Menaces de mort et insultes racistes

Non content de la saisine de l’inspection du travail, leur employeur s’emploi alors à menacer de mort et à proférer des insultes racistes à l’encontre de ses ex-salariés, comme en témoigne les enregistrements de diverses conversations téléphoniques : « Espèce d'enculé de noir, je vais te défoncer ta gueule, t'as porté plainte contre moi alors tu sais quoi, le bon Dieu il va te prendre et il va te donner le cancer, tu vas mourir, le cancer va te manger toi et toute ta famille, écoute-moi bien, je jette un sort contre toi et toute ta famille, espèce de pute de noir ».

Face à cette situation, Jean-Albert Guidou, secrétaire général de l’union locale CGT de Bobigny a demandé au Préfet de Seine-Saint-Denis « de placer ces personnes sous protection de l'État et de leur accorder leur régularisation pour qu'ils puissent témoigner en tant que victimes et en tant que lanceurs d'alerte sur leurs conditions d'exploitation ».

Un système bien rôdé d’exploitation des travailleurs vulnérables qui recrutait dans les foyers de migrants

C’est par le biais de l’agence d’intérim RSI que Bruno Gapaix, patron de l’entreprise, s'approvisionnait régulièrement en travailleurs bien ciblés : des sans-papiers, sans droits et donc vulnérables et corvéables à merci sur ses chantiers de désamiantage. Pendant neuf ans, Djibril, directement recruté au sein d'un foyer pour travailleurs migrants, a ainsi enchaîné les missions d'intérim sur ces chantiers, sans protections adéquates, sans formation, sans aucun suivi médical.

Lundi 18 mars, à Bobigny, une quinzaine de travailleurs sans-papiers ont envahi les bureaux du siège de l’entreprise Pinault-Gapaix, spécialiste en démolition et désamiantage. Accompagnés par divers responsables de la CGT de l’Interim, de la construction et de l’UD du 93, ces derniers ont investi les locaux de leur ex-employeur, Bruno Gapaix, afin d’exiger le respect de leurs droits, notamment le suivi medico-légal dont ils n’ont jamais bénéficié pendant toutes les années de leur exploitation illégale et mortifère sur des chantiers de désamiantage et de déplombage.

Vous pouvez retrouver l’article dans son intégralité sur NVO.fr

A voir aussi

Document

Il n’y a pas de justice sans justice sociale

À l’occasion des mobilisations sociales contre le projet devenu « Loi Travail », deux militants de la CGT de la ville de Paris font actuellement l’objet de sanctions et risquent de payer très cher…

Document

S'engager, c'est changer leurs vies : portraits de syndicalistes. 5. Mahamadou

Pressions, intimidations, procédures de licenciement en contradiction avec l’avis de l’inspection du travail et la loi... Paprec* Île-de-France continue d’exercer ses pratiques ignobles à l’égard de…

Document

Ibrahima Tall : premier de cordée dans la lutte des sans-papiers

Tous ensemble contre le racisme : Ibrahima Tall, membre actif dans la lutte des sans-papiers dans les Yvelines en 2015, est aussi membre de l'UD CGT Yvelines. En tant que travailleur intérimaire et…

Nos repères CGT

La CGT considère que l'émancipation des femmes passe par leur égal accès au travail salarié.

Chaque personne, qu’elle soit en demande d’emploi ou de stage, salariée, stagiaire, doit effectivement bénéficier d’une situation d’emploi, de formation et de travail sans discrimination. Pour cela, le droit à la non-discrimination (européen et français), globalement satisfaisant, doit être mis en œuvre de manière efficace en s’appuyant sur des moyens mobilisables et opposables.