ADP : privatisation suspendue, la lutte continue

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Publié le 16 mar 2020
Temps de lecture : 2 min.
Le gouvernement a annoncé le 11 mars la suspension de la privatisation des aéroports de Paris, dont il détient 50,63 % des parts. La crise sanitaire du Coronavirus ayant fait chuter son cours à la Bourse. C’est une victoire en demi-teinte, le gouvernement risque de remettre son projet en oeuvre une fois la crise passée.

En pleine crise sanitaire du Coronavirus, le gouvernement a décidé de reporter la vente des parts de l'Etat du groupe ADP

En annonçant la suspension du processus de privatisation d’Aéroport de Paris la veille de la fin de la période pour l’obtention des signatures nécessaires au déclenchement d’un référendum d’initiative partagée (RIP), le gouvernement confirme que ce sont bien les marchés financiers et surtout leur santé qui déterminent les intérêts financiers de l’État et non les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du pays.

Notre organisation n’a cessé de dénoncer cette politique à court terme de privatisation qui prime sur l’intérêt général

“Cela va nous laisser plus de temps pour contrer la privatisation. Rien n'est perdu. Même si les 4,7 millions ne sont pas atteints”, a déclaré Michel Michaud, secrétaire général de la CGT Transports et salarié d'ADP. 

La pétition, ouverte en juin 2019 pour obtenir un référendum d’initiative partagée,  aura récolté 1 116 000 soutiens sur le site du ministère de l’Intérieur. Il en aurait fallu 4,7 millions (10% du corps électoral) pour provoquer un RIP sur la question de la privatisation ou non du groupe ADP.

Emmanuel Macron ayant oublié sa promesse, faite fin avril lors du Grand débat, de “simplifier les règles [du RIP] en permettant que l’initiative puisse venir de citoyen·ne·s, un million de citoyen·ne·s qui signeraient une pétition et qu’elle puisse prospérer en projet de loi et, si elle n’était pas examinée par les Assemblées, aller au référendum”.

La lutte va devoir continuer pour contrer la privatisation

La lutte contre la privatisation serait la plus importante de l’histoire de notre pays : le groupe réalise un chiffre d’affaires de 4,5 milliards par an, avec 37 aéroports en concession dans 13 pays. ADP est aussi propriétaire de 6686 hectares de terrain autour d’Orly et de Roissy (une superficie équivalente aux deux-tiers de Paris), qui tomberaient alors dans l’escarcelle d’actionnaires privés.

En 2018, ADP a réalisé un bénéfice de 610 millions d’euros et a rapporté 173 millions d’euros de dividendes à l’Etat. 
 

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