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Just Eat annonce vouloir salarier 4500 livreurs

Publié le 10 fév 2021
Temps de lecture : 2 min.
La plateforme de livraison de repas Just Eat a annoncé salarier 4500 livreurs en CDI à contre-courant du modèle adopté par ses concurrentes, Deliveroo ou Uber Eats, qui font travailler leurs livreurs sous le statut d'entrepreneur. Qu'en est-il vraiment de ces annonces ?

L'entreprise Just Eat a annoncé vouloir salarier 4 500 livreurs en CDI en 2021

Depuis son rachat début 2020 par la plateforme néerlandaise Takeaway.com pour un montant de 6,9 milliards d’euros, Just Eat s'est converti à la livraison de repas.

Jusqu'à présent, la plateforme déléguait la livraison aux restaurants dont les livreurs sont salariés ou à des coursiers autoentrepreneurs, œuvrant pour Stuart, une filiale du groupe La Poste.

Just Eat souhaite désormais internaliser ce service et recruter ses propres livreurs en CDI, à contre-courant du modèle adopté par ses concurrentes, Deliveroo ou Uber Eats.

L'avantage du salariat est évident pour les livreurs : les livreurs passent d'un travail payé à la tâche à un travail payé à l'heure (10,30 euros de l'heure…), ils bénéficient d'une protection sociale et des droits afférents au statut de salarié.

Toutefois, après la lecture d'un contrat de travail, il ressort que la prise en charge du matériel est vraiment faible et la flexibilité des horaires très importante.

Le salariat n'est pas un luxe mais un statut conforme au droit du travail et à la jurisprudence.

En février 2020, un livreur Deliveroo a vu son contrat de prestataire de service requalifié en contrat de travail par le conseil des Prud'hommes, tandis qu'en mars la Cour de cassation a requalifié le contrat d’un chauffeur VTC qui travaillait pour Uber en contrat de travail.

Si le gouvernement souhaite légiférer en avril sur la possibilité pour ces travailleurs d'avoir une représentation et de négocier, il tente par tous les moyens d'évacuer la question du salariat des plateformes, la pression est grande : le rapport Frouin a reconnu que ces travailleurs étaient des salariés potentiels, les décisions de justice requalifiant les contrats en contrat de travail se multiplient et la mobilisation syndicale grandit jour après jour.

Just Eat profite ainsi du contexte actuel, surfant sur la médiatisation des luttes syndicales, pour valoriser le fait qu'ils embauchent en CDI et se présenter comme une entreprise socialement responsable.

La connivence du gouvernement est forte pour préserver ce « modèle économique » qui repose sur l'externalisation des travailleurs et les économies que cela génère (pas de cotisations sociales, pas de protection sociale).

L'un des arguments avancés consiste à dire que ces entreprises ne pourraient pas survivre en salariant les livreurs. Just Eat reste ainsi un bon contre-exemple sur lequel s'appuyer pour les auditions qui s'ouvrent.

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