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Crise aux urgences

Publié le 10 sep 2019
Temps de lecture : 2 min.
240 services d’urgences sont en grève. Prochaine journée d’action nationale le 11 septembre.

Le mouvement a débuté par une agression fin mars à l’hôpital Saint-Antoine (Paris). Depuis, la crise s’enlise et le mouvement, rejoint par quelques syndicats corporatistes de médecins, ne fait que se renforcer. 240. C’est aujourd'hui le nombre de services d’urgences en grève (partielle ou totale).

En cause : l’engorgement des services, dont la fréquentation a doublé en vingt ans, les conditions de travail de plus en plus difficiles malgré la meilleure organisation mise en place, le manque de personnel aggravé en amont par un manque de moyens financiers et humains et la fermeture des lits. Sans parler des problèmes de gouvernance, qui donnent aux paramédicaux qui travaillent aux urgences le sentiment d’être méprisés en permanence et de ne pas pouvoir faire leur travail correctement.

Ni la prime de 100 euros ni l’enveloppe de 70 millions d’euros débloquée en urgence par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, n’ont permis de désamorcer la situation. « C’est le signe d’un ras le bol global » explique Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Amuf (Association des médecins urgentistes de France) et délégué national CGT, qui appelle à une journée d’action le 11 septembre, afin que le gouvernement débloque enfin les moyens nécessaires dans le cadre de la prochaine loi de finance de la Sécurité sociale.  

Sur la table : une revalorisation salariale de 300 euros, la suppression de la taxe sur les salaires – créée par l’État au sortir de la guerre – sur les services non marchands, la création de 10 000 postes pour tous les personnels hospitaliers hors médecins (soit + 25 %), un retour des contrats d’étude et de la gestion prévisionnelle des emplois – jeunes payés pendant leur études contre sept à huit ans de service dans le public.

La CGT réclame également la création de centres de santé en ville rattachés aux hôpitaux, avec des personnels salariés. De quoi désengorger les services d’urgence et stopper l’hémorragie des personnels qui fuient des conditions de travail trop difficiles.

chiffres clés de la crise aux urgences
  •  21,4 millions de passages par an en 2017 contre 10,1 millions en 1996 
  • -36 % des patients viennent pour de  "la traumatologie"
  • 1/5 passage débouche sur une hospitalisation (chiffre qui grimpe à 56% chez les plus de 75 ans) 
  • 100.000 lits ont été supprimés depuis 20 ans.
  • 399.865 lits pour  3.046 établissements publics et privés (année 2017)
Source : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)

 

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