Les femmes, parents pauvres de la fonction publique

Temps de lecture : 2 min.
Publié le 8 nov. 2022
En matière d’égalité entre les femmes et les hommes, la fonction publique apparait comme un modèle, les grilles de salaires et le point d’indice étant, dans l’imaginaire collectif, les gardiens de cette prétendue égalité. La réalité est tout autre. Ici comme ailleurs, les différences existent, elles sont nombreuses et toujours en la défaveur des femmes.
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Des métiers féminins dévalorisés

Dans les 3 fonctions publiques, les femmes sont majoritaires (63 %), et concentrées dans des métiers dits féminins :

  • 95 % dans la filière sociale et médico-sociale,
  • 90 % dans les filières soignante et administrative
  • 21 % dans les filières sécurité et police nationale !

Ces métiers sont mal payés, sous valorisés, et leurs qualifications ne sont pas reconnues. Parmi les 10 % des fonctionnaires les moins bien rémunérés, 71 % sont des femmes.

La conséquence est sans appel.

Si les chiffres des différentes études varient, tous soulignent une inégalité flagrante, toujours au bénéfice des hommes :  la CGT mesure l’écart de rémunération entre les titulaires des trois fonctions publiques à 19 %.  
Les récents chiffres de l’Insee pointent un écart de 28 % pour le public et le privé confondus.

Des écarts qui se creusent au fil du temps

Principales sources d’écarts :

  • le temps partiel, le temps non complet (comme les AESH, les ATSEM, les aides à domicile, ces professions où les heures d’attente ne sont pas payées),
  • les primes (les femmes touchent 1/3 de moins de prime que les hommes car elles travaillent dans des métiers où il n’y a pas ou peu de primes),
  • le déroulé de carrière : les interruptions dues à la maternité, les congés parentaux pris à 96 % par les femmes, l’existence ou non de passerelle pour changer de carrière et la possibilité ou non d’évoluer constituent autant de freins.

 « Il faut examiner la question comme un film, pas comme une photo, insiste Delphine Colin secrétaire nationale UFSE. Les écarts se creusent sur le déroulement de carrière et sur la possibilité d’évoluer ». 

Des mesures pour supprimer les inégalités

Pour réduire les écarts entre les femmes et les hommes, il faut :

  • revaloriser les professions à prédominance féminine,
  • supprimer la précarité via des plans de titularisation – les femmes sont très souvent contractuelles -,
  • mettre fin au temps partiel imposé,
  • élaborer des parcours de carrière qui permettent de progresser, grâce à la formation professionnelle et à la prise en compte de l’ancienneté et de l’expérience.

Enfin, il ne faut jamais oublier que l’égalité doit être présente dans toutes les thématiques de négociation.

L’individualisation des rémunérations, l’augmentation des contractualisations seront toujours défavorables aux femmes. 

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