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Un film autour des atteintes aux libertés ouvre le débat

Publié le 27 oct 2020
Temps de lecture : 2 min.
Depuis quelques années, un nouveau virage sécuritaire et autoritaire s’abat sur les manifestants. Le film de David Dufresne, « Un pays qui se tient sage », interroge cette dérive et permet d’ouvrir plus largement le débat sur les atteintes aux libertés. 

Si les répressions policières ne datent pas d’hier, la généralisation des vidéos des smartphones et leur diffusion sur les réseaux sociaux exposent aux yeux du grand public l’usage de la violence pour faire taire la contestation sociale.

C’est à partir de ces images, qui ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux pendant le mouvement des gilets jaunes, que le journaliste David Dufresne a réalisé son film « Un pays qui se tient sage ».

Ce documentaire n’est pas qu’une simple compilation de vidéos amateurs et professionnelles. Il propose une réflexion inédite, loin des interprétations médiatisées à des fins partisanes.

Nous devons questionner cette dérive sécuritaire

À partir de la phrase du sociologue Max Weber « l’État revendique, pour son propre compte, le monopole de la violence physique légitime », le journaliste donne à ces images, au travers de commentaires et d’analyses d’une série de témoins, une tout autre résonance. Puisque l’État « revendique », c’est que ce choix peut être discuté, et même contesté insiste David Dufresne.

Au-delà de l’émotion suscitée par la violence des scènes, ce contre-récit nous fait prendre de la hauteur et mesurer les dérives autoritaires d’un pouvoir aux abois dans le pays des « droits de l’homme ». Plus largement, il amorce le débat sur les privations de liberté comme celle de manifester ou d’informer.

Il nous faut élargir le débat autour des atteintes aux libertés

Derrière la répression, il s’agit bien de restreindre les libertés comme le confirme le récent rapport d’Amnesty international, « Arrêté·e·s pour avoir manifesté ».

Aujourd’hui, en refusant de sécuriser le déroulement des manifestations, les réponses autoritaires aux mouvements sociaux réduisent au fur et à mesure un peu plus les libertés individuelles et collectives. Dans le même temps, les outils législatifs offrent un arsenal de plus en plus répressif pour museler toute opposition.

Faire grandir la prise de conscience des conséquences de la doctrine sécuritaire et autoritaire est un premier pas pour élargir le mouvement d’opposition et imaginer de nouvelles formes d’actions, conditions nécessaires pour briser cette dérive et faire avancer les idées progressistes.

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