Macron vire le directeur de l’ARS Grand Est, mais pas son plan hospitalier

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Publié le 15 avr 2020
Temps de lecture : 3 min.
En pleine crise du Covid-19, les déclarations provocatrices du directeur de l'ARS Grand Est sur le maintien de la suppression de 598 emplois et 174 lits au CHRU de Nancy lui ont coûté son poste. Pour autant, ce plan et les projets délétères pour l'hôpital ne sont pas remis en cause.

« Il a servi de fusible. Il est certain que ses propos étaient inacceptables et qu'il devait partir, mais ce qui doit surtout partir avec lui, c'est toute la politique qui a été menée au CHRU de Nancy depuis des années et le plan Copermo » réagit Julien Hézard, secrétaire général de l'UD CGT de Meurthe-et-Moselle après l'annonce du limogeage de Christophe Lannelongue, directeur de l'ARS Grand Est à l'issue du Conseil des ministres du 8 avril 2020.

Un plan assassin pour l'hôpital

Le plan du Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins, dit plan « Copermo » dans la novlangue néo-technocratique de la start-up nationn'est ni plus ni moins que des mesures de restrictions drastiques appliquées pour l'hôpital public conforment aux orientations ministérielles sur l'ensemble du territoire national. Ce sont les mêmes mesures issues des ONDAM et autres PLFSS successifs qui ont plongé les services d'urgences dans une situation dramatique avec des grèves snobées par le gouvernement depuis des mois et des mois.

La déclinaison locale des plans nationaux a été adoptée en juillet 2019 par l'ARS Grand Est et elle se traduit par un plan de suppression de 598 emplois et de 174 lits au CHRU de Nancy. Interrogé par la presse sur la situation dans les hôpitaux au cœur d'une région complètement débordée par le Covid-19, le directeur de l'ARS a cru bon rappeler que le plan Copermo était toujours d'actualité.

Des propos qui ont provoqué une levée de boucliers de quasiment l'ensemble des élus locaux et régionaux. De fait, le ministre de la Santé s'est ainsi vu contraint de monter au créneau en précisant que « tous les plans de restructurations des hôpitaux sont suspendus à la grande consultation qui suivra ». « Suspendu, ce n'est pas supprimé ! » note Julien Hézard.

« Il y a des gens qui sont au chaud comme les responsables de la CGT »

Interrogé par France 3 Lorraine, le directeur de l'ARS s'en était pris directement à la CGT pour ce qu'elle critiquait les suppressions de postes, de lits, les regroupements hospitaliers en général et celui sur Nancy en particulier : « … ce qu’oublie de dire la CGT, c’est que c’est un projet magnifique. Je le répète : un projet de 500 millions d’euros, un projet qui a été construit avec le personnel et porté par toute la communauté hospitalière du CHRU. Ce projet, c’est le regroupement des activités sur un seul site à Nancy. Un enfant de 4 ans comprendrait que lorsqu’on passe de sept sites à un seul, il y a une possibilité de rationalisation. On va pouvoir redéployer du personnel pour développer l’activité. »

Bien sûr, la priorité du système de santé est de se « rationaliser », quant à soigner tous et bien, c'est peut-être un peu trop lui demander.

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