L'Ile-de-France, premier désert médical de France

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Publié le 20 avr. 2022
Les déserts médicaux ne sont pas uniquement situés en zones rurales. L'Ile-de-France est la région la plus touchée. Le système médical actuel est à bout de souffle. Quelles solutions ?
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L'Île-de-France a encore perdu 150 médecins généralistes entre 2018 et 2020.

La région est le premier désert médical de France. 62,4 % de la population francilienne, soit 7,6 millions de personnes, ont du mal à accéder à des médecins trop peu nombreux.

« La France est devenue un grand désert médical parce qu'on a freiné de manière drastique la formation des médecins dans les années 90, explique Christophe Prudhomme, de la fédération CGT Santé Action Sociale. 10 000 médecins sont formés chaque année. C'est le même nombre qu'en 1975. Mais on compte 20 % de population de plus qu'en 1975. Et les besoins sont plus importants aujourd'hui car la population vieillit. »

6 millions de Français n'ont pas de médecin traitant.

Parmi eux, 600 000 souffrent d'affections chroniques qui nécessitent un suivi médical. Alors qu'au 20 ème siècle, les médecins traitaient essentiellement des maladies aigües, aujourd'hui deux tiers des dépenses de la Sécurité Sociale sont affectées à des maladies chroniques.

Il n'est plus rare qu'un même patient soit suivi par plusieurs spécialistes pour différentes maladies chroniques. Le rôle de coordination du médecin traitant est alors capital. Mais, faute de généraliste, « les gens sont livrés à eux-mêmes. Ils cherchent des informations sur internet. Le médecin traitant est souvent remplacé par les urgences. Mais quand ils finissent par arriver aux urgences, leur état de santé est vraiment dégradé. » observe Christophe Prudhomme, médecin urgentiste en Seine-Saint-Denis.

Le secteur de la santé et du médico-social est dans une impasse.

Selon France Stratégie, il faudra créer 700 000 emplois dans les années qui viennent. Pourtant, les démissions et arrêts maladie se multiplient chez des soignants poussés à bout par des conditions de travail épuisantes.

« Environ 200 000 infirmières en âge de travailler ont abandonné le métier », révèle Christophe Prudhomme. Les démissions sont plus nombreuses que les candidatures. « Aujourd'hui 20 % des lits de l'APHP (Assistance Publique- Hôpitaux de Paris) sont fermés parce qu'on n'arrive pas à embaucher. » déplore le médecin.

Pour mettre fin aux déserts médicaux, la CGT prône la création de contrats d'étude, qui permettraient que les gens soient payés pour faire leurs études et pré-affectés sur un territoire.

Pour la CGT, la santé doit relever du domaine public.

Les cotisations doivent être collectées par une sécurité sociale intégrale. Il faut supprimer les complémentaires santé.

« Si on faisait un référendum pour demander « Etes-vous d'accord pour sortir le secteur de la santé et du médico-social du secteur marchand ? », on gagnerait à 70 %. » commente Christophe Prudhomme, également conseiller CNAM et membre du Haut Conseil pour l'Avenir de l'Assurance Maladie.

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