Les professionnel·les du médico-social se mobilisent pour leurs salaires
Une mobilisation intersyndicale
L'intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, SUD) souligne la dégradation du secteur, notamment concernant les salaires, les conditions de travail et le manque de moyens pour répondre à la demande des populations.
La CGT dénonce, depuis des années, l’arrivée d’une pensée lucrative dans ces secteurs, aidée par les politiques publiques qui attaquent sans aucune culpabilité les biens communs que sont la santé et l’action sociale : car les missions des professionnel·les de ce secteur, c’est de « prendre soin de l’autre », qu’il soit en difficulté temporaire, en handicap permanent, ou malade.
Des conditions de travail difficiles et des salaires qui ne sont pas revalorisés
✊ Tout le monde se bat pour le social, le social se bat pour tout le monde !
Les travailleurs·euses du social, médico-social et de la santé privée se sont mobilisé·es aujourd'hui pour alerter sur la situation de leurs métiers. pic.twitter.com/dp6CcuMRvh— La CGT (@lacgtcommunique) April 1, 2025
Laetitia, aide soignante à la SSIAD de Perpignan
Après vingt-neuf années d’ancienneté dans ce secteur, Laetitia regrette que les conditions de travail ne s'améliorent pas et que les salaires ne soient pas revalorisés alors que ces postes sont occupés majoritairement par des femmes.
La première grille de salaire : plus bas que le Smic
Alors que l'amplitude horaire est de douze heures avec un planning fractionné en plus du travail le week-end et les jours fériés, il est difficile de concilier la vie professionnelle et la vie familiale. C’est un secteur précaire avec un taux de pénibilité dans le secteur important pour des métiers en tension avec des problèmes de recrutement.
Ludovic, éducateur à l’association ETAI
Il accompagne des adultes en situation de handicap, les guide dans leurs projets professionnels, d’hébergement et les oriente vers des structures pérennes.
Nous avons une mission de service public
Travail pénible, travail en internat, horaires décalés (7 heures - 22 heures), rythme de vie compliqué, dégradation des conditions de vie professionnelle : les conditions de travail se sont détériorées selon Ludovic. L'épuisement, les arrêts maladies et accidents du travail explosent et beaucoup de gens quittent le secteur.
Le point d’indice est gelé depuis trente ans
Les salaires n’augmentant pas. Pire : ils diminuent avec l’inflation. Les salarié·es exigent des augmentations de salaires cotisés et non des primes !
Sophie, assistante sociale dans le second degré
Son travail consiste à un suivi global des élèves dans l’établissement – un travail d’équipe avec l’équipe pédagogique et la direction.
Aujourd’hui les conditions de travail sont mauvaises : les assistantes sociales sont chacune sur deux ou trois établissements sur Paris et donc pas suffisamment présentes pour les élèves. Il manque des médecins, des psychologues et des infirmier·es, ce qui provoque un supplément de charge de travail.
Les élèves ont plus que jamais besoin d'accompagnement : anxiété par rapport au monde, à l’environnement et à leur avenir, climat scolaire compliqué…
La CGT porte une autre vision
Elle exige un investissement massif dans le secteur social, médico-social et sanitaire non lucratif. La CGT porte un projet de commission collective unique et étendue (CCUE) de haut niveau, fondé sur la reconnaissance des qualifications et de l’ancienneté, et propose également une mesure de justice sociale et de bon sens : la réduction du temps de travail.
C’est une réponse concrète à l’épuisement professionnel, mais aussi un levier d’attractivité et de qualité pour le secteur. Il est temps de redonner du sens à nos métiers et de construire un avenir digne pour les salarié·es comme pour les personnes accompagnées.