Pour financer les retraites : augmentez les salaires pas l'âge de départ

Temps de lecture : 3 min.
Publié le 18 jan. 2023
Non, le système des retraites n’est pas en danger. Pour financer de meilleures pensions et la retraite à 60 ans, les solutions existent. En augmentant les salaires, en créant des emplois, en mettant à contribution les dividendes, en assurant l’égalité salariale, en passant aux 32 heures. Le gouvernement refuse d’en débattre.
Imagette
Ensemble pour la retraite à 60 ans

Même si le scénario du déficit de 12 milliards d’euros en 2027 retenu par le gouvernement était avéré, une hausse de 0,8 point de cotisation suffirait à le combler. 

Le gouvernement veut passer en force une réforme brutale et injuste pour résorber le déficit des retraites qui s’élèverait à 12 milliards d’euros en 2027, 13,5 milliards à l’horizon 2030, selon les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR). Qui reconnait lui-même que le déficit est temporaire avec, à terme, un retour à l’équilibre. 

Il n’y a pas de problème budgétaire à court-terme pour financer les retraites. Le système, dans son ensemble, dispose de 200 milliards d’euros de réserves. Et les leviers d’action pour financer la retraite à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles), et pour garantir 2 000 euros de pension minimum existent. 

5% d’augmentation des salaires dans le privé = 9 milliards de cotisations supplémentaires pour la branche retraites 

Ce qu’il faut, c’est augmenter les recettes pour financer de nouveaux droits et éviter la dégradation des pensions :

  • mobiliser les 157 milliards d’euros annuels d’aides publiques aux entreprises : c’est 13 fois le déficit annoncé des retraites !
  • intégrer dans les cotisations sociales les primes des fonctionnaires, l’intéressement et la participation.
  • mettre fin aux 28% d’écart de salaire entre les femmes et les hommes : ça rapporterait 6 milliards d’euros aux caisses de retraite.
  • augmenter les cotisations de 0,8 point : soit 8.25€ par mois de cotisations salariales et 8.25€ de cotisations patronales pour un SMIC à 2 000 €. 
  • cesser d’exonérer de cotisations sociales les dividendes et les revenus financiers des entreprises. Et il y a de quoi faire : en 2022, les actionnaires des sociétés du CAC 40 ont touché 80 milliards d’euros…
  • augmenter les salaires, puisque mécaniquement cela augmente les cotisations sociales pour financer les pensions et garantit de meilleurs droits à la retraite. Dans le privé, 5% de hausse des salaires rapportait 9 milliards d’euros de cotisations : la moitié de ce que le gouvernement espère économiser avec sa réforme injuste.
  • augmenter de 5% le point d’indice de la fonction publique représenterait 1,25 milliard € de cotisations retraites. Si le point d’indice avait suivi l’inflation depuis 2010, ça ferait 5 milliards d’euros de cotisations supplémentaires dans les conditions actuelles.
  • recruter : on estime à environ 1,7 million le nombre d’emplois qui pourraient être créés avec le passage aux 32h dans le privé, soit 13,6 Mds€ de cotisations retraites supplémentaires. En recrutant les 400 000 fonctionnaires nécessaires dans la fonction publique hospitalière, 5 milliards d’euros supplémentaires seraient collectés pour les retraites. 

La question des retraites ne peut se penser sans lien avec la création et la répartition des richesses. 

Pour la Cgt, les leviers d’action pour assurer le financement pérenne des retraites sont nombreux. Ils ne passent certainement pas par la réforme violente et injuste que le gouvernement veut imposer, malgré le refus de l’ensemble des organisations syndicales unies dans une journée d’action, de grève et de manifestations le 19 janvier.  

Sur le même thème

dossier

Ensemble pour la retraite à 60 ans

Lire la suite
Actualité

Outils de mobilisation contre la réforme des retraites

Lire la suite
Actualité

Les cancers professionnels, une épidémie silencieuse

Lire la suite