La recherche exsangue mobilisée pour l'avenir

Temps de lecture : 3 min.
Publié le 16 Jun. 2022
Les moyens consacrés à la recherche stagnent depuis les années 90. Dans le privé, les licenciements se multiplient, malgré les aides publiques. Les chercheurs se mobilisent contre la paralysie qui guette l'avancée des connaissances.
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Recherche CGT

La France dépense moins pour la recherche que la moyenne des pays de l'OCDE.

Ses Dépenses Intérieures de Recherche et Développement représentent aujourd'hui seulement 2,2 % du PIB.

Sur les 3 % fixés par les critères européens, 1 % devrait aller à la recherche publique (contre 0,8 % aujourd'hui) et 2 % à la recherche privée (contre 1,4 % aujourd'hui).

« Alors que l'Allemagne affiche un effort de recherche à 3,17 %, la France ne décolle pas du 2,2 % depuis les années 90, en dépit des aides publiques. » commente Sylviane Lejeune du collectif confédéral Recherche.

La recherche publique est très affaiblie.

Au lieu de pouvoir se projeter dans le temps long de l'avancée des connaissances grâce à des financements pérennes, les laboratoires reçoivent des budgets ponctuels affectés à un projet limité dans le temps.

Les chercheurs sont de plus en plus nombreux à enchaîner les contrats peu rémunérés et de courte durée.

Du côté de la recherche privée, les aides massives distribuées depuis le début de la crise sanitaire n'ont pas empêché les grands groupes industriels d'engager des plans de licenciement et de réduire leurs effectifs de recherche. Ce fut par exemple le cas de Michelin, Nokia ou Renault.

La semaine prochaine, des mobilisations sont prévues pour porter des revendications salariales, notamment dans les EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial), comme le CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives) ou le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales). Les entrées de différents sites du CEA seront bloquées.

Au CNES, quatre heures de débats et mobilisations seront organisées pour revendiquer 5 % d'augmentation.

« Le gouvernement est en train de brader un potentiel de recherche existant extrêmement efficace. Faire des EPIC des agences de moyens au service d'acteurs privés est une erreur stratégique. On a besoin d'une vision globale pour la recherche et la reconquête industrielle. » affirme Sylviane Lejeune.

Pour la CGT, la recherche doit être une priorité.

Afin de rattraper le retard pris ces dernières années, il faut atteindre dès maintenant le seuil de 1 % du PIB pour la recherche publique, et continuer jusqu'à atteindre 1,5 % en 2030.

Cela permettra de mener une vraie politique de recherche sur le long terme. Les précaires doivent être embauchés, les salaires alignés sur les standards internationaux afin d'éviter la fuite des cerveaux.

Les aides publiques accordées aux entreprises doivent être conditionnées aux besoins du pays et à la création d'emplois pérennes dans la recherche et le développement.

Le monde économique bénéficiant des résultats de la recherche publique, il devrait s'acquitter d'une taxe sur les dividendes et les transactions boursières qui alimenterait un fonds public de la recherche.

Face à la crise écologique, seule une société nourrie par le savoir et capable d'en discuter les finalités saura faire les choix qui concilieront écologie et innovation, égalité et démocratie.

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