La papeterie Condat mérite un avenir industriel

Temps de lecture : 4 min.
Publié le 12 Sep. 2023
Après l'annonce de la fermeture d'une de ses deux lignes de production de l'usine Condat à Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), les salariés et leurs syndicats sont mobilisés contre la suppression de 187 emplois.
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La papeterie de Condat en Dordogne est la dernière usine en France à fabriquer du papier couché à destination de l’édition. Entre 2007 et 2022, la capacité de production du site a été divisée par deux.

Dans l'objectif de "renouer  avec la performance", le 20 juin dernier, le groupe espagnol Lecta, propriétaire de l'entreprise a annoncé la fermeture d'une des deux lignes de production de son usine provoquant la suppression de 187 emplois.

L'information a suscité une véritable onde de choc sur le territoire. En effet, la papeterie compte parmi les plus importants acteurs économiques privés du département avec ses 412 salariés, intérimaires compris.

La mobilisation des salariés contre les suppressions d’emplois

Le 28 août, après les congés d’été, les salariés ont décidé de ne pas reprendre le travail. Ils s’opposent à la fermeture de l’une des deux lignes de production et à la suppression de près de la moitié des emplois dans le cadre d’un PSE en cours de négociation.

Les employés ont le sentiment d'être considérés comme "une variable d'ajustement". Ils ne comprennent pas cette décision de fermer la ligne 4 de leur usine, au regard des investissements réalisés ces dernières années.

En effet, 82 millions d'Euros ont été investi pour moderniser la ligne 8, qui fabrique du papier pour les étiquettes et les autocollants. Une ligne sur laquelle le groupe prévoit de concentrer le savoir faire et les ressources de l'usine. Le Conseil Régional ayant participé à hauteur de 19 millions d’euros à cet investissement.

56 millions d'Euros, auxquels l'agence de la transition écologique (ADEME) a participé à hauteur de 14 millions d'Euros, ont également été engagés pour le projet d’investissement de la chaudière biomasse (CSR) qui devrait être opérationnelle en 2024 et diminuer la facture énergétique du papier produit sur le site de Dordogne. 

La CGT demande le remboursement des aides publiques

A la presse locale, Philippe Delord, délégué CGT, a dénoncé le montant des diverses aides publiques que l’entreprise a touché ces dernières années pour se développer.  "Comment peut-on verser 33 millions d'euros et, sur le même site, supprimer 187 postes ?".

Suite à une réunion avec les dirigeants du groupe, le Conseil Régional a demandé le remboursement des 19 millions d'Euros d'avance (prêt à taux zéro) qui avaient été accordés à l'entreprise pour moderniser la ligne 8, à condition de préserver les emplois du site.

L'intersyndicale CGT, CFE-CGG et FO engagée pour préserver l'avenir du site

Les représentants de salariés ont été reçus lundi 11 septembre à Bercy.

" Dans ces conditions, et convaincus qu'une alternative est encore possible et viable, nous avons fait part au ministre de notre souhait prioritaire de lancer une recherche d'un repreneur plus sain, plus solide financièrement et plus motivé à soutenir Condat de façon pérenne. Les salariés s'engageront pleinement au côté d'un potentiel repreneur" souligne le communiqué de presse de l’intersyndicale à la sortie de la rencontre avec le ministre chargé de l’industrie.

Pour l'intersyndicale, cette dynamique pourrait être assortie de la création d'un label « papier français », en parfaite cohérence avec la stratégie de préservation et de développement de l'industrie française du gouvernement.

intersyndicale bercy condat

Mardi 12 septembre, les secrétaires généraux de la CGT et de la CFC-CGC, ont appuyé la démarche de l'intersyndicale de la papeterie avec, respectivement, un rendez vous chez Le Ministre de l'économie et celui chargé de l'industrie.

D'une même voix, ils ont dénoncé l'abandon par les pouvoirs publics de l'usine qui va creuser le déficit commercial de la France. Ils exigent l'intervention du gouvernement pour faire respecter l'intérêt général face à la financiarisation de l'industrie.

Lors de son rendez-vous à Bercy, La secrétaire générale de la CGT a demandé au Ministre de l'économie de "mettre sous pression l'actionnaire pour qu'il cède les papeteries de Condat", et de "trouver un repreneur pour les papeteries". ⬇️

 

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