La semaine de 4 jours c'est en 32h

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Publié le 26 avr. 2024
Auditionnée dans le cadre d’une mission d’information de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale sur la mise en place d’une « semaine de 4 jours », la CGT a tenu à préciser ses positions.
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Pas d'avancée sociale sans réduction du temps de travail

Alors que le gouvernement a annoncé vouloir expérimenter la semaine de 4 jours dans la fonction publique, son projet pourrait etre davantage orienté vers les intérêts du patronat que ceux des salarié·es.

La semaine de 4 jours devrait apporter une réponse au partage du temps de travail qui s'opère de manière très inégalitaire et en fonction des intérêts des employeur ; mais aussi à la question des salaires et du pouvoir d’achat, et permettre par une réduction du temps de travail de créer des emplois.

Sans réduction du temps de travail, il ne s’agit pas d’une semaine de 4 jours mais d’une semaine en 4 jours, qui ne peut donc pas être considéré comme une avancée sociale mais un recul.

Une compression en 4 jours du même volume d’heures travaillées normalement en 5, avec les risques que cela engendre sur la santé, serait à l’opposé des attentes des travailleurs et des travailleuses, et des bénéfices pour la société en termes de création d’emplois. 

Depuis des années la CGT porte le projet des 32h hebdomadaires sans perte de salaire

Pour la CGT, la semaine de 4 jours devrait s’accompagner d’une baisse du temps de travail hebdomadaire légal à 32h et s’appliquer sans perte de salaire. Mais, aussi, ces 32h ne pourront être lissées sur l’année, selon des durées de travail hebdomadaires variables d’une semaine à l’autre. 

L’objectif, hier comme aujourd’hui, reste le même : agir de sorte à mieux répartir le temps de travail entre tous les actifs.es, femmes et hommes, jeunes et seniors, à temps partiel, temps complet ou privés d’emploi.

Pour éviter le recours abusif aux heures supplémentaires là où les 35h seraient maintenues, la CGT demande la mise en place d’un plafond d’heures supplémentaires au-delà duquel celles-ci génèreraient des congés en plus et une majoration plus élevée de ces heures. 

Une expérimentation qui ne peut se faire sans un cadre légal incitatif

Prenant appui sur les objectifs d’emplois définis et atteints avec la mise en place de la semaine de 35h, entre juin 1996 et janvier 2020, la CGT ne cesse de promouvoir le débat en faveur d’une nouvelle réduction du temps de travail encadrée par la loi (dossier en ligne).

En outre, la CGT est favorable à l’idée de lancer une expérimentation de la semaine de 4 jours ou de 32h, avec maintien du salaire et, en ce sens, soutenir les entreprises qui accepteraient ce cahier des charges, via des aides publiques semble souhaitable.  

Elle se montre très critique en ce qui concerne des expérimentations « non cadrées » de semaines de 4 jours sans réduction du temps de travail, décidées par les pouvoirs publics ou des entreprises du privé, sans concertation avec les organisations syndicales

 

[ Accéder au dossier sur les 32h ]
 

 

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