Aide exceptionnelle pour les permittents : une aumône

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Publié le 8 déc. 2020
Le gouvernement a annoncé jeudi 26 novembre une aide exceptionnelle de 900 euros mensuelle pour les « permittents », dont les droits aux allocations chômage arrivent pour beaucoup à leur fin sur ce dernier trimestre 2020. Une aumône qui exclut la majorité des travailleurs précaires.
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©Pixabay Skitterphoto

Le gouvernement a annoncé le versement, pendant quatre mois, d'un minimum garanti de 900 euros pour plusieurs centaines de milliers de « permittents », ces travailleurs précaires qui enchaînent les contrats courts.

Cette annonce sonne comme une provocation au vu des conditions drastiques d’attribution, qui excluent la majorité des 2 à 3 millions de précaires, intérimaires, saisonniers, extras hôteliers, guides touristiques, CDD de tous les secteurs et tous les travailleurs et travailleuses sans papier.

Pour être éligible à cette aide financière promise par l’État, il faudra remplir deux conditions :

  1. avoir travaillé au moins 60 % du temps en 2019 (soit 7 mois) ;
  2. se situer, aujourd’hui, sous un niveau de ressources de 900 euros par mois.

Ce seuil de 7 mois - supérieur au seuil de 6 mois mis en place depuis novembre suite à la réforme de l’assurance chômage et qui a exclu des allocations chômages plus de 100 000 travailleurs précaires - va laisser sur le carreau des centaines de milliers de « permittents », notamment les saisonniers dont la durée moyenne des contrats se situent entre deux et trois mois.

« C’est une aumône qui ne remplace pas une allocation-chômage », a déclaré Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, en conférence de presse.

Par ailleurs, cette aide ne crée aucun droit (notamment à la retraite, contrairement aux allocations chômage, qui permettent de cotiser pour la retraite). Ce « geste » du gouvernement est une indemnisation d’État payé par l’impôt, il s’inscrit dans la continuité d’une politique qui vise à en finir avec l’assurance chômage et la protection sociale, gérées par les travailleurs, au profit de la charité de l’État.

Pour faire face à l'urgence sociale, notre organisation revendique :

  • l’abrogation de la réforme de l'assurance chômage ;
  • une nouvelle convention indemnisant 100 % des privés d'emploi ;
  • l'augmentation immédiate des allocations de 10 euros par jour et par chômeur ;
  • une prime de noël de 900 € pour tous les privés d'emploi inscrits à Pôle emploi et au RSA.

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