Salaires tassés, vie sociale étriquée

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Publié le 18 jan 2022
Temps de lecture : 3 min.
Alors que le coût de la vie augmente, les salaires se tassent et le Smic ne permet plus de vivre décemment.

Un revenu minimum décent ne se limite pas à la satisfaction des besoins vitaux.

C'est le point de départ de l'étude la plus complète et récente menée sur le sujet par l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) en 2014. Avec l'aide de citoyens, les chercheurs de l'onces ont travaillé à déterminer un budget minimum qui permette « de disposer des ressources suffisantes, non seulement pour faire face aux nécessités de la vie quotidienne (se loger, se nourrir, avoir accès à la santé), mais aussi pour avoir la possibilité de participer à la vie sociale ».

Il est ressorti de cette étude des budgets minimums bien supérieurs au Smic, allant de 1 424 euros pour un actif isolé locataire d'un logement social à 3 515 euros pour un couple d'actifs avec deux enfants locataire dans le parc privé.

Cette étude a été menée en 2014 dans des villes de taille moyenne. Il fallait donc déjà à cette date augmenter les sommes obtenues pour les habitants des grandes villes. Mais depuis 2014 les prix ont augmenté d'un peu plus de 8 %. Il faudrait donc revoir ces budgets à la hausse.

Et pourtant ces montants sont déjà supérieurs au Smic net actuel (1 269,45 euros), sans même parler des minima sociaux.

En 2021, une personne est considérée comme pauvre si ses revenus sont inférieurs à 1 063 euros par mois.

Des millions de personnes ne sont donc pas considérées comme « pauvres » mais elles ont pourtant un niveau de revenu inférieur au revenu jugé minimum pour « participer à la vie sociale ».

L'écart entre le Smic et le minimum pour vivre ne cesse d'augmenter. Chaque année, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) pose une même question dans son baromètre d'opinion : « Selon vous, pour vivre, quel est le montant dont doit disposer au minimum un individu par mois ? ».

  • En 2008, les personnes interrogées estimaient ce minimum à 1 332,4 euros en moyenne pour une personne seule, tandis que le Smic net était alors de 1 027,47 euros. Le minimum pour vivre était supérieur de 304,93 euros au Smic ;
  • En 2020, le minimum pour vivre était de 1 775 euros, tandis que le Smic net était de 1 219 euros.

L'écart entre les deux chiffres s'est creusé depuis 2008 : il représente cette fois 556 euros.

Ces deux études convergent vers une même conclusion : le revenu minimum décent est bien supérieur au Smic et aux minima sociaux. Les salaires se tassent.

Pour que des millions de personnes puissent vivre et non plus survivre, la CGT exige l'augmentation du Smic à 2 000 euros.

Elle défend aussi l'augmentation des minima sociaux. Pour la CGT, ce sont les salaires qui doivent augmenter, pas des primes individuelles qui créent de gros écarts entre salariés.

La hausse régulière des salaires contribue, par la consommation des salariés, à la croissance économique. Elle favorise ainsi le développement de l'activité et de l'emploi.

Pour faire entendre ces revendications, la CGT appelle à une journée de mobilisation interprofessionnelle sur les salaires et l'emploi le jeudi 27 janvier.

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