Loi pouvoir d’achat : l’arbre qui cache la forêt des inégalités salariales

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Publié le 27 Juil. 2022
Alors que le projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat a été adopté par l’Assemblée nationale tard dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 juillet, par 341 voix pour, 116 voix contre et 21 abstentions, la CGT réaffirme son opposition à un tel projet : c’est l’objet même de la loi qu’elle met en cause.
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augmenter les salaires

La CGT réclame une réelle réflexion autour des salaires, et non pas un saupoudrage de mesurettes cache misère.

« Nous voulions que le projet fasse la différenciation entre pouvoir d’achat et salaires, et prenne en compte la question des salaires beaucoup trop bas pour vivre dignement » explique Boris Plazzi, secrétaire confédéral CGT.

Dans un contexte inflationniste très important, qui a débuté non pas avec la guerre en Ukraine, mais à la fin du 1er semestre 2021, remplir le réfrigérateur, accéder à la culture, partir en vacances devient en effet de plus en plus difficile pour bon nombre de travailleurs.

Pourtant, « les géants du CAC 40 ont dégagé des profits record de près de 160 milliards d'euros en 2021, dépassant de plus de 60 % le précédent pic de 2007 » indiquent Les Echos.

Dans le même temps, la rémunération moyenne d'un dirigeant du CAC 40 atteignait 8,7 millions d'euros, soit le double de 2020 et + 60 % par rapport à 2019 ! 

La guerre en Ukraine a bon dos et face à l’inflation, qui semble s’installer jusqu’à la fin 2022, la CGT réclame une réelle réflexion autour des salaires, et non pas un saupoudrage de mesurettes cache misère.

L’augmentation prévue des fonctionnaires de +3,5 % ne rattrape pas le gel du point d’indice depuis 12 ans.

Et si le code du travail prévoit une indexation du SMIC en fonction de l’inflation, il ne prévoit pas en revanche d’indexation des salaires sur l’augmentation du SMIC.

Idem pour les minima de branches, qui devraient augmenter dans la même proportion que le SMIC, sous peine de se retrouver, au 1er août, avec 152 branches professionnelles (sur 171) ayant des minima en dessous du SMIC pendant plusieurs mois.  

Autre point de désaccord : la « prime Macron ».

Les employeurs pourront verser 3000 euros (ou 6000 en cas d’accord d’intéressement) exonérés d’impôts et de cotisations et contributions sociales, aux salariés touchant moins de 3 fois le SMIC.

Outre l’iniquité de cette prime, qui dépend du bon vouloir du patron, et qui ne participe pas au financement de la protection sociale, il est à noter que son montant moyen, entre 2019 et 2022, s’est élevé à 542 euros !

« Il faut mettre un terme à toutes ces politiques qui ont entremêlé les salaires, les dispositifs de pouvoir d’achat, les carrières et leur déroulement » indique Boris Plazzi. Ces enjeux sont très importants mais ils doivent être traités séparément. 

La CGT réclame une réelle politique salariale, basée sur l’indexation automatique des salaires et des minima de branches.

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