La régularisation au bout des grèves coordonnées

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Publié le 17 nov 2021
Temps de lecture : 3 min.
Les travailleurs sans-papiers qui s'étaient mis en grève avec la CGT fin octobre ont obtenu gain de cause. Bientôt régularisés et employés dans de meilleures conditions, ils vont pouvoir souffler.

Le 25 octobre, plus de 250 travailleurs sans-papiers ont commencé un mouvement de grève coordonné régionalement et confédéralement dans plusieurs secteurs d'activité en Ile-de-France, avec l'appui de nombreuses organisations de la CGT.

Les grévistes ont commencé ce jour-là à occuper dix de leurs lieux de travail. Certains piquets de grève étaient ouverts et les grévistes de la première heure ont rapidement été rejoints par d'autres.
Ouvriers du bâtiment qui travaillent sur les chantiers de grands groupes tels que Bouygues ou Eiffage, livreurs pour les supermarchés Monoprix, plongeurs dans les cuisines du café Marly situé près du Louvre, éboueurs, intérimaires... Ils sont employés dans des entreprises ayant pignon sur rue, qui utilisent leur statut administratif pour leur imposer de mauvaises conditions de travail ou des contrats précaires.

Marilyne Poulain, secrétaire de l'UD de Paris, membre de la direction confédérale et responsable du collectif Migrants, dénonce ainsi le système de sous-traitance en cascade souvent mis en place. « Dans le 19ème arrondissement de Paris, explique-t-elle, Monoprix a confié sa livraison à Stuart, qui a sous-traité à PickUp, une filiale de La Poste, qui a sous-traité à une société de livraison, GSG Transports Express, qui a fait travailler des personnes sans fiches de paie – bien qu'on trouve la trace de chèques – puis leur a imposé d'être auto entrepreneurs. »

Les sans-papiers occupent souvent des emplois qui se sont retrouvés en première ligne au plus fort de la pandémie.

Ils se sont mis en grève avec la CGT pour forcer leurs employeurs à soutenir leur régularisation, préalable nécessaire à l'obtention d'un titre de séjour lié à leur travail. La préparation de ces grèves a donné lieu à un important travail de coordination de différentes organisations (professions, territoires et syndicats).

Dans le cas des livreurs par exemple, la Fapt CGT (Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications ), l'US Commerce de Paris, l’Union Locale du 19e arrondissement, l'UD de Paris et le syndicat des livreurs à vélo parisiens étaient impliquées.

À ce jour, tous les piquets de grève ont été levés après avoir obtenu satisfaction.

Les plongeurs qui travaillaient en contrat d'extras pour le café Marly situé près du Louvre ont été embauchés en CDI par le groupe de restauration Costes.

Les livreurs ont obtenu le formulaire nécessaire à leur régularisation et des contrats de travail en CDI.

Dans le cas des éboueurs de Sepur, des plaintes ont été déposées et une enquête ouverte par le parquet. Une solution va être mise en place par les services de l'Etat pour garantir leur protection.

La CGT défend l'égalité de traitement et l'application du droit du travail français pour tou·tes les salarié·es qui travaillent en France.

Elle prône la reconnaissance du travail et la régularisation administrative des travailleur·ses sans papiers surexploité·es parce que sans droits.

Qu'ils et elles aient ou non une autorisation de séjour et de travail, ce qui importe, c'est qu'ils et elles travaillent et vivent ici. Face à la montée des idées d'extrême-droite, la CGT réaffirme l'unité du salariat : ces travailleur·ses font partie intégrante de la classe ouvrière de ce pays.

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